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Nikon tweet pour le D850 : 32 photographes, 1 seule caméra... 32 hommes, 0 femme

Nikon D850, un stéréotype dans le viseur

campagne nikon d850 avec 0 femme photographe

Campagne badbuzz pour Nikon D850 : 32 photographes, 1 caméra, 0 femme

Nikon mobilise sa communauté autour de la sortie d’un nouveau produit, bravo ! En tant que photographe, amatrice certes, je suis sensible à ce type d’offre. Quelle surprise de constater que mes copines photographes professionnelles sont absentes de la photo !!

En lisant l’article publié par les Nouvelles News, je m’interroge sur la nature de la communauté Nikon en question. Notamment lorsque Nikon explique (a posteriori) pourquoi sur 32 photographes, 32 sont des hommes : les femmes (les « females » en anglais) photographes n’étaient pas disponibles ce jour là.

Quelle est la cible de Nikon ?

Pas besoin de chercher beaucoup pour comprendre que les photographes mis en avant sur la photo promo sont déjà référencés par Nikon, qu’ils ont tous une page dédié. Logiquement, si Nikon a déjà des profils de photographes femmes sous la main, il suffit donc de les ajouter à la campagne. Ma question est : y a t’il des femmes dans la communauté Nikon dont la fiche était déjà prête à publier ? Ou la marque au viseur ignore-t’elle une partie de sa cible ?
Volontairement ? ce serait du sexisme (oh non…).
Involontairement ? Dommage. L’impact marketing est vraiment décalé de celui escompté. Parce que les femmes ne s’y retrouvent pas, parce que les hommes aussi sont sensibles à ce déséquilibre.
Reprendre la réflexion à la source pourrait permettre d’identifier « pourquoi » les femmes photographes sont absentes de cette campagne. Pour ça, utiliser le filtre du genre en amont est indispensable !

Et vous : avez-vous l’assurance d’éviter les stéréotypes de genre dans vos campagnes marketing ? Si vous avez un doute, contactez-nous !

Simone Veil s'est engagée 40 ans en politique, en France et en Europe

Simone VEIL… la leçon de patience et la défense des droits humains

Il faut 40 ans pour voir le fruit des actions sur le genre. Simone Veil nous l’a courageusement appris.

Simone VEIL a été :
1975 Simone VEIL est ministre de la santé : elle défend et construit le droit à la contraception, puis à l’IVG
1979 Simone VEIL devient la première personne à la présidence de L’Europe : elle construit l’Europe dans le respect et le pardon
1998-2007 Simone VEIL siège au Conseil Constitutionnel de la France : elle construit le droit des plus faibles
2017 Simone VEIL a toute sa vie milité pour la construction de la paix entre les humains. La société se lève pour l’introniser au Panthéon, elle y sera la 5e femme, la première a y entrer en tant que Grande Femme, accompagnée de son époux.
Il faut du temps pour que la grandeur d’une personne se révèle au grand public.
Il faut du temps pour que les engagements politiques des femmes amènent d’autres femmes en politique.
Faire « entrer » Simone VEIL au Panthéon, C’est considérer qu’un homme vaut autant qu’une femme tant que ses actions sont de grande valeur. C’est inventer l’expression « les Grandes Femmes », c’est dire implicitement aux femmes et aux hommes que les femmes ont toute leur place en politique, c’est créer les conditions favorables pour inspirer d’autres femmes à s’engager, à entrer dans la lumière pour contribuer à l’évolution constante notre société.

Merci Simone VEIL. Merci à toutes les femmes et tous les hommes qui s’engagent pour les droits de chaque humain.

Le parlement Européen rend hommage à Simone VEIL

Simone VEIL s’exprime sur la politique et les droits des femmes en 1995, 20 ans après la loi

Cet article est inspiré par l’article des Nouvelles News http://www.lesnouvellesnews.fr/femme-engagee-et-admirable-simone-veil-au-pantheon-des-hommages/

C'est l'barbecue entre ami.es : un peu d'huile sur le feu ?

Barbecue entre ami.es, un peu d’égalité sur le feu ?

Pas facile tous les jours de travailler sur la question du genre. Même le dimanche, autour du barbecue entre ami.es.
D’abord, c’est quoi le “genre” ?
ça sert à quoi dans la vie de tous les jours ? dans l’entreprise ? dans le business ?
On a d’autres priorités, des trucs urgents et super importants à faire parce qu’il faut faire rentrer du cash dans la boite. Et puis, on y comprend rien…

Chaud, chaud, le barbecue entre ami.es !

“Le genre, tu veux dire l’égalité entre les hommes et les femmes, c’est ça ?
Mouais. Et tu dis que tu travailles, tu fais quoi au juste. Ah. Et tu as des clients ? de la « clientèle », ah oui pardon. Tu fais quoi pour ces entreprises ? des ateliers sur les stéréotypes dans le marketing… ça existe, ça ?!
Bon de toutes façon, l’égalité, faut quand même avouer que c’est n’importe quoi ! On n’est pas pareil, c’est tout, c’est comme ça. Oui, l’égalité des droits, je comprends bien, mais tu vois, moi je suis un homme alors le droit à l’IVG, je ne l’aurai jamais et je m’en fous. Je ne m’en servirai jamais de ce droit là. Le droit à la vasectomie, tu t’en fous toi ! Alors faut pas me dire que l’égalité des droit c’est possible. C’est n’importe quoi. Et bien, oui les femmes font des enfants, cela perturbe leur carrière alors c’est normal que les entreprises les payent moins ; vu qu’elles vont s’occuper des enfants, elles seront moins disponibles pour le boulot. Et pis c’est tout.
Oui, ok “ à compétences égales” : t’es sûre qu’elle a des compétences égales ? comment tu le prouves ? Parce que si nos corps sont différents, nos sexes sont différents, alors qu’est-ce qui me prouve que nos cerveaux ne sont pas aussi différents ? Attention, je ne parle pas de toi, ni de ma chérie, vous êtes très intelligentes toutes les deux. Mais n’empêche, moi je crois qu’on pense pas pareil et il doit bien y avoir une raison. Franchement quand mon assistante a eu son premier, elle a complètement changé. Et je ne te parle pas de la galère du remplacement pour le congés maternité. Si je pouvais, je prendrai un mec, mais ils sont moins bon en secrétariat.
Tu veux une saucisse ou une merguez ?”

Après ce barbecue entre ami.es, je prendrai bien une heure de méditation et deux de yoga, le temps de me reconnecter à ma valeur intrinsèque. Vivement lundi, je pourrai travailler sur le marketing de genre et continuer à changer le monde façon colibri.

ubiquité pour management photo hedge

Qui est Vinciane Mouronvalle Chareille ?

Je suis uniQ en mon genre.

Pour une vision poétique, lisez plutôt cet article.

Pour une vision « parcours professionnel de Vinciane Mouronvalle Chareille, balablabla », lisez la suite.

J’ai toujours été communicante. Je l’ai compris à 40 ans.
J’ai toujours été féministe. ça je l’ai compris à l’âge de 10 ans. Lors d’un jeu de bagarre avec 2 de mes frères, mon frère gagne et s’écrit « vainqueur » ! Puis je gagne la bataille et m’écris « … euh… VAINCRICE ! ». Je suis envahie par une sensation étrange, je me rends compte que je suis à l’étroit dans les mots pour me désigner.

Cet instant est gravé : je me rends compte petit à petit que, sans aucune hostilité, mon environnement est un carcan doré pour la fille que je suis.
Je continue néanmoins ma vie, passe un bac littéraire parce que je suis nulle en maths malgré un père prof de maths, puis fais mes études à Grenoble à l’université Stendhal en Lettres et Communication.
Tout m’intéresse, je papillonne. Je suis l’une des rares personnes en Lettres à suivre l’option informatique. Mes plus belles heures numériques se logent dans ces séances de découverte de l’ordinateur personnel : démarrer en ligne de commande MSDOS + disquettes = 45 minutes / écrire dans Work, ne jamais pouvoir utiliser ce travail / éteindre 45 minutes. Wouaou. En tant que littéraire, je n’applique jamais ces connaissances dans mon quotidien. Je suis en dehors de la catégorie « informatique ».
Je cherche du boulot dans la comm dans les années 90, autant dire que le marché est déjà saturé, et notamment par les femmes. Je galère de CDD en CDD, chez France Télécom (l’ancêtre d’Orange) et ailleurs.

Parcours de femme sur les chemins buissonniers

A 23 ans, j’ai le bonheur de devenir maman. Ma fille est la plus belle du monde, et je viens de me prendre les pieds dans le tapis de ma carrière professionnelle pas encore vraiment commencée. Je mettrai 15 ans à monter une à une les marches de l’escalier (pas d’ascenseur dans mon cas). Pendant cette période, je cherche sans cesse l’équilibre entre vie privée de mère femme seule avec enfant et vie professionnelle de jeune femme diplômée sous employée. Je progresse néanmoins, toujours le nez au vent, et me forme à de nombreux métiers de « petites mains » dont je deviens chaque fois rapidement la responsable. J’aime apprendre, j’aime manager (sans avoir appris) : conseil téléphonique en vente par correspondance (avant le e-commerce), accueil et hébergement dans l’hôtellerie de luxe à Evian, gestion des petites annonces (c’était avant le Bon Coin) et rédaction de supplément thématique dans la presse hebdomadaire régionale. Ce fut une merveilleuse école du service auprès de la clientèle, tous secteurs confondus.

Une reconversion au numérique ?

Vers 30 ans, comme tout le monde je change de siècle et mon univers professionnel aussi : le web 2.0, les réseaux sociaux, le webmarketing… je me suis convertie au numérique en suivant les évolutions de mon métier et retrouvant mon intérêt de jeunesse pour l’informatique (voir la vidéo de mon témoignage à partir de la 30e minutes). C’était normal pour moi. Je prends un poste de chargée de communication des affaires culturelles dans le public. Durant 6 ans, je travaille sur de nombreux projets, des expositions beaux-arts ou art contemporain, des fouilles archéologiques, des programmes de spectacle vivant ou cinéma, des réseaux de professionnels sur tout le territoire, des projets européens. J’explose le périmètre de mon poste, devient ‘dircom’ sous l’étiquette « responsable ». Je suis passionnée, travaille 10 heures par jour et toujours en CDD parce que pas fonctionnaire. A 38 ans, je constate que ma carrière est bloquée, qu’il m’est impossible de valoriser mon expérience du public dans le privé (beurk) et que j’ai touché le plafond de verre.
Je prends conscience alors que la question de la place des femmes et des hommes dans notre société est vraiment très importante pour moi et cherche à me faire financer une formation sur les questions de genre. Dans le public, pas de CIF. Je passe.

D’intrapreneuse à entrepreneuse

Inspirée par l’homme qui m’accompagne (déjà) depuis plusieurs années, entrepreneur depuis tout petit, j’ai envie de créer mon propre chemin et me lance dans l’aventure entrepreneuriale. Active et cycliste urbaine, je choisi de créer The Place to Bike, dédié aux vêtements techniques au look urbain pour les cyclistes en ville. En mode « from scratch » je fais tout dans ma startup : développeuse du site web, rédactrice pour le blog, cheffe de projet pour le site ecommerce, chercheuse le business model, acheteuse auprès des fournisseurs, marketeuse web, relations presse, réseauteuse, coworkeuse… Je choisi d’être accompagnée par l’incubateur Rhône Alpes Pionnières (devenu depuis les Premières AURA), puis accélérée par Boost in Lyon. J’apprends des milliers de choses à cette période, et toutes me servent aujourd’hui. Je constate que les équipes des startups autour de moi ont une analyse de leur marché qui fait l’impasse de la question du genre, et qu’elles se coupent parfois l’herbe sous le pied.
Après avoir tourné l’équation de The Place to Bike dans tous les sens, je prends conscience que ce projet nécessite énormément d’investissements financiers, et que le marché est encore trop immature pour que je tienne dans la durée. « Choisir c’est renoncer », et courageusement, je choisi de mettre fin à cette aventure.

Entrepreneuse je suis, entrepreneuse je reste.

J’effectue alors un pivot à 360° et m’interroge sur ce que je veux/peux faire, mais surtout ce qui m’anime au point que j’ai envie d’y dépenser de l’énergie.
Suivant le principe de base de l’effectuation « si tu as des citrons, fais de la limonade », j’identifie les ingrédients de mon cocktail : le marketing, la communication, avec un zest de genre.
Je crée l’agence uniQ en son genre pour faire entrer la question du genre dans les entreprises par la porte du marketing.
Sur ma carte de visite, je m’annonce :

  • supercommunicante parce que pour moi tout est communication, avec mes lunettes intégrées qui voient tous les stéréotypes de genre.
  • business humaniste parce que j’ai la conviction que l’on peut faire des affaires, beaucoup d’affaires, tout en respectant l’humain.

Je suis uniQ en son genre

Aujourd’hui je sais que je suis touche à tout, que mon métier n’a pas de nom, sauf le mien. Je sais que Vinciane vient de l’italien donc du latin « vincere » qui signifie vaincre et la boucle est bouclée.
Je suis de la génération Y (prononcez « why ») avant l’heure.
J’ai repris mes études en intégrant le Master Egales de l’université Lyon 2 en formation continue pour étayer mon intuition professionnelle confirmée par Unilever dans le cadre de mes recherches en indépendante sur le marketing de genre. Je rédige un livre sur le sujet.

J’utilise tous mes potentiels avec l’agilité managériale, le design thinking, l’effectuation, j’apprends et crée constamment.
Je suis engagée dans les associations qui agissent sur la place des femmes dans l’économie, le Réseau économique féminin, et celle des femmes dans les métiers du numérique, le collectif LDigital.
J’ai rassemblé quelques femmes dans les métiers du marketing, et nous créons une association d’empowerment dans ce secteur professionnel.
J’interviens en tant que formatrice dans des écoles pour transmettre aux jeunes cerveaux ma passion pour la communication et l’humanisme responsable, en activant le neurone du genre.

Je témoigne sur cette nouvelle approche du genre dans le marketing lors de salons, de conférences professionnelles.
J’accompagne l’arrivée à Lyon du 1er salon de la reconversion Profession’L des femmes.
J’accompagne et forme les équipes des entreprises / agences marketing sur le marketing de genre.

  • Je les aide à prendre conscience, grâce à ce filtre d’analyse, qu’elles ont créé des zones d’ombre sur leur marché.
  • Je les forme aux notions de stéréotypes en workshop, j’identifie avec elles les améliorations à apporter dans leur processus de production.

Si vous avez lu jusqu’ici, je vous félicite. Si vous voulez échanger avec moi, c’est par ici.

PS : merci à Hedge, photographe professionnel et artiste, pour ce moment très sympa lors de cette prise de vue délirante réalisée pour le magazine Management en octobre 2015.

relooking d un poster de la marque skol en destereotypant la représentation d'une femme

Skol Reposter ou comment la marque de bière supprime les stéréotypes

Avant le marketing était construit sur des principes qui datent aujourd’hui. Par exemple, pour vendre de la bière, les marketeurs (des hommes) partaient de deux idées reçues :
« La bière, c’est pour les hommes (les vrais, les durs) ! »
« Les hommes achètent quand ils voient une femme nue »
Alors forcément, la campagne de pub de la bière était construite sur des pubs avec des femmes « à poil » qui « attiraient » les clients.

Aujourd’hui, il se trouve que le monde a changé :
– les femmes boivent de la bière (avant aussi mais personne ne l’avait remarqué!)
– les femmes ne sont pas forcément « attirées » par les pubs avec des femmes nues pour vendre de la bière.
– les femmes tiquent devant les pubs sexistes (voir l’étude Unilever)
– les hommes (aussi) tiquent devant les pubs sexistes.

Alors on trouve des phénomènes de nettoyage des stéréotypes ou du sexisme dans les pubs, et ce que fait la marque brésilienne Skol (merci à graphiline pour cette pépite). Depuis plusieurs années elle a tenté de diffuser des pubs respectueuses des femmes, mais ses vieilles casseroles trainent encore sur le net… Skol cherche à nettoyer la toile en « relookant » les vieux posters et sollicitant sa communauté pour lui indiquer où se trouvent les casseroles.

Bien sûr, pour initier une telle démarche, il est nécessaire que l’équipe marketing (dont 90% de femmes aujourd’hui) se rendent compte qu’elle vend de la bière non plus à des hommes mais à des personnes qui boivent de la bière. C’est un changement de point de vue de base en marketing, et pourtant pas si courant que ça.
Et puis, cette démarche prouve également que tout ce qui est publié sur le web a une durée de vie au-delà des décisions de la marque, et qu’il est parfois nécessaire de faire un peu de ménage pour faire évoluer son image durablement.
Belle idée, simple et efficace. Bravo Skol !
Un petit bonus ? juste pour le plaisir, le brésilien, le carnaval et la vie en pub sans stéréotype : c’est cadeau 😉

la marque Audi valorise la capacité à gagner des filles

Comment Audi a osé le marketing de genre

Dans son dernier spot conçu pour être diffusé le 5 février prochain lors du SuperBowl, Audi invite les pères à s’adresser à leur fille « différemment ».

Audi envoie toujours du rêve aux hommes-35-50-ans-CSP+-cadres-dirigeants-qui-assurent, en les regardant tels qu’ils sont, pères de famille, pères d’une fille qui grandit et qui réussit ce qu’elle fait (et qui achètera peut-être aussi un jour une voiture). La marque aux anneaux s’engage pour l’égalité salariale femmes-hommes, et s’appuie sur cette valeur pour raconter une histoire positive à sa cible, une qui la fait toujours rêver d’être au volant de sa voiture.

D’autres marques ont osé. Promod a renoncé à l’image de femme-objet et repensé son book avec des images de femmes qui les respectent ; Unilever a testé sur ce changement de point de vue sur les marques Dove et Axe… et a décidé de généraliser la démarche à toutes ses marques.
Le marketing de genre est une solution puissante, pour les PME, les grands comptes… Entre nous soit dit : si Unilever et Audi y croient, c’est que ça vaut le coup d’essayer. Tout le monde y a droit, et je peux vous y amener.

Les attitudes émergentes face à l'intelligence / "Emergent attitudes toward brilliance"

Les stéréotypes de genre intégrés dès 6 ans freinent votre business

Vous avez pu lire par ci par là des articles qui relayent l’étude publiée par le magazine Science qui valide scientifiquement le soupçon que nous avions de manière intuitive : les petites filles de 6 ans pensent déjà que l’intelligence se trouve plutôt chez les garçons.

J’avoue que je ne suis pas surprise, juste soulagée de pouvoir désormais m’appuyer sur ce fait acté par les voix scientifiques autorisées à s’exprimer.

Si les stéréotypes sont (effectivement) intégrés par les petites têtes dès 6ans, je m’interroge sur l’impact dans le reste de leur vie. Pas tant sur le plan éthique (que d’autres cerveaux pourront réfléchir bien mieux que moi), mais sur le plan qui m’intéresse ici : sous l’angle business…
Regardez votre offre bien droit dans les yeux ! Non pas celle que vous croyez faire, non, concentrez-vous pour analyser l’offre que vous faites en vrai, et surtout à qui et comment. (Pas facile, je sais. Je pourrai vous aider si vous voulez, avec la distance et mon superpouvoir.)

Par exemple vous vendez un magazine économique. Aujourd’hui votre clientèle est essentiellement masculine, hommes-35-50-ans-CSP+-cadres-dirigeants-qui-assurent.

Prenons le temps d’imaginer un autre monde.

Imaginez que, dès la prime enfance, les filles soient convaincues de leur intelligence.
Imaginer que vous vendez toujours votre magazine économique, et que les femmes-35-50-ans-CSP+-cadres-dirigeantes-qui-assurent l’achètent autant que les hommes. Que se passe-t’il ? Comment ? vous augmentez votre chiffre d’affaire ? incroyable.

Imaginez, quel que soit votre offre/produit que vous pouvez leur proposer une offre de produit/service que vous réservez habituellement aux hommes (qui eux considèrent déjà qu’ils sont intelligents) : que se passerait-il ? vous risqueriez de diversifier votre catalogue ? d’augmenter votre chiffre d’affaires ? aïe… c’est un gros risque.

Certaines marques osent.
Dans son dernier spot conçu pour être diffusé le 5 février prochain lors du SuperBowl, Audi invite les pères à s’adresser à leur fille « différemment ».

Audi envoie toujours du rêve aux hommes-35-50-ans-CSP+-cadres-dirigeants-qui-assurent, en les regardant tels qu’ils sont, pères de famille, pères d’une fille qui grandit et qui réussit ce qu’elle fait (et qui achètera peut-être aussi un jour une voiture). La marque aux anneaux s’engage pour l’égalité salariale femmes-hommes, et s’appuie sur cette valeur pour raconter une histoire positive à sa cible, une qui la fait toujours rêver d’être au volant de sa voiture.

D’autres marques ont osé. Promod a renoncé à l’image de femme-objet et repensé son book avec des images de femmes qui les respectent ; Unilever a testé sur ce changement de point de vue sur les marques Dove et Axe… et a décidé de généraliser la démarche à toutes ses marques.

Le marketing de genre est une solution puissante, pour les PME, les grands comptes… Utiliser un levier de performance aussi puissant est accessible à toutes les entreprise. Il faut savoir faire un pas de côté, éviter de surfer sur l’idée mainstream qui penche sacrément vers les produits bleus et les produits roses plus chers en croyant que c’est comme ça qu’on fait plus de chiffre… Oui, pour oser regarder sa cible autrement, il est nécessaire d’enlever ses œillères et appliquer une recette différente.
Entre nous soit dit : si Unilever et Audi y croient, c’est que ça vaut le coup d’essayer, et je peux vous aider.

au Blend Web Mix, le marketing a-t’il un sexe ?

J’ai eu le plaisir de parler de sexe genre aux personnes dans le web lors d’une conférence lors du Blend 2016.

Les 5 règles du marketing de genre

Le marketing de genre est un puissant levier de performance, d’accord. Pour augmenter l’impact d’une campagne de pub sur le marché de 40%, comment on fait en vrai ? Voici les 5 règles du marketing de genre, à appliquer facilement dans votre entreprise.

J’ai les lunettes de genre intégrées à la naissance, un peu comme superman avec la kryptonite, et je peux identifier tous les stéréotypes ou biais sexistes dans tout ce que je vois, entends, lis, regarde… Je n’ai aucun effort à faire. C’est terrible pour mon entourage, même si je prends garde à exprimer une infime partie de ce que je constate. Toute petite, je croyais que tout le monde voyait comme moi. Rapidement, je me suis aperçu que c’était loin d’être le cas, ce qui m’a permis d’expliquer pourquoi il continait à avoir autant de sexisme dans mon environnement. Depuis je l’ai beaucoup utilisé dans mon métier, la communication et le marketing (pas choisis par hasard). Ce qui me permet aujourd’hui de penser que je peux former les personnes qui souhaitent s’entraîner à voir autrement le marketing.

1. analyser le marché sous l’angle du genre

vous visez les parents ? pourquoi ne parlez-vous qu’aux mamans ? savez-vous que les enfants ont souvent des parents séparés et que les pères prennent aussi souvent des décisions pour leurs enfants que les mères ?

vous visez les personnes qui veulent réparer toutes seules leur voiture ? Avez-vous pensé que celles qui ont le plus besoin de votre aide sont probablement les femmes en charge seules de leur foyer, avec des revenus limités et un besoin vital de leur véhicule ?

en analysant votre marché, vous sollicitez les stérétypes de genre qui vous ont permis de catégoriser les individus par rapport à leur comportement observé. C’est là que le bas blesse : votre observation est biaisée par des années de sexisme ambiant. En reprennant à la base la vision de votre marché, vous identifiez les cibles que vous avez laissées dans l’ombre pendant des années… et pouvez de nouveau leur adresser un message. C’est un fondamental du marketing, appliqué avec le filtre du genre pour lui donner un autre relief.

2. éviter de partir en croisade sans votre équipe (mixte)

Le choix de dé-stéréotyper votre marketing est une décision importante et vous ne pourrez pas la mettre en oeuvre en solo. Vous aurez besoin de chaque membre de votre équipe pour que tout le monde s’approprie cette nouvelle vision du marché, de votre cible, de l’offre à leur proposer, du changement à effectuer en interne. Et vous connaissez les résistances au changement, c’est du vécu. Il faut donc du temps, de la formation, pour mûrir les idées, conscientiser les stéréotypes en place, au coeur de l’entreprise, de l’équipe et de chaque individu. En bref, vous devez préparer le terrain comme vous le feriez pour insuffler une énergie d’innovation au sein de votre entreprise. Un détail : construisez une équipe mixte ! Si vous devez développer une application pour un site ecommerce de vêtements pour femmes, et que votre équipe est constituée uniquement de développeurs (donc hommes), ça risque de rajouter des méconnaissances sur la pratique de votre cible… ça va sans dire, mais ça va mieux en le disant !

3. utiliser les mots féminin – masculin – épicène

Vous avez préparé votre équipe et vous commencez à travailler sur votre prochaine campagne. « On dit comment maintenant ? « un associé ou une associée » ? ça fait un peu long non ? et puis c’est redondant je trouve. C’est moche. » Effectivement, il est nécessaire de trouver le bon vocabulaire, d’accepter d’utiliser systématiquement une formulation épicène (« s’associer » par exemple) aussi souvent que possible, ou d’assumer d’énoncer les mots au féminin et au masculin (ou l’inverse) systématiquement avec par exemple « les étudiants et les étudiantes ». Parfois  il est possible d’utiliser des subterfuges en écrivant « étudiant.es ». Plus fort encore : révolutionner l’usage du masculin neutre et choisir la formule du pluriel de proximité, comme dans « les hommes et les femmes sont belles« . Je sais, je pousse un peu fort. Bref, c’est un métier et ça s’apprend !

4. pratiquer le test en miroir du genre

Quand vous construisez votre offre, vous avez des réflexes genrés, et qui ont un impact énorme sur l’ergnomie de votre logiciel, sur votre produit, votre packaging.

J’ai un compte twitter, un compte google, un compte facebook, instagram… bref je suis connectée. Tous ces fournisseurs collectent allégrement toutes mes données, ils savent (presque) tout de moi. Or, malgré cette connaisance fine de mon profil utilisatrice, je constate que je suis invisible en tant que femme. Je m’explique : chez twitter, quand je suis/follow un autre compte je vois apparaître le bouton bleu « Abonné » ; sur Gmail, je peux uniquement « répondre à tous » même lorsque mes destinataires sont exclusivement des femmes. Bien sûr ceci n’est vrai que dans le dur du logicil, quand il s’agit de m’envoyer des pubs de petites robes parce que je viens de nettoyer mes cookies, là ils ont l’info que je suis une femme (malgré le fait que j’ignore ces pubs).

Quand vous mettez en place un service, demandez-vous quel effet ça ferait dans l’autre genre ? Quel effet ça ferait à un homme de lire comme unique proposition « répondre à toutes » ? Si vous hésitez sur la réponse, je peux vous aider 🙂

5. revoir le processus depuis l’offre jusqu’à la pub

Vous l’avez constaté, on peut remonter à la source du code d’un logiciel, la source de la construction de l’offre de service, et découvrir que la perception de la cible est faussée à la base. Et une fois que le processus est en place, il faut reprendre le code, changer l’offre en anticipant l’impact sur votre cible. Mieux vaut intégrer le filtre du genre dès la réflexion initiale, c’est plus facile. Cependant, le changement de regard peut parfois libérer une offre à l’étroit dans un ciblage stéréotypé et augmenter le volume de la clientèle. C’est la conclusion tirée par Unilever après 2 ans d’étude en interne. Cela nécessite une préparation, une expertise, une agence de communication formée à ces questions, le temps du changement, la formation de l’équipe… une autre vision des choses.

Pour appliquer les 5 règles du marketing de genre

Vous devez en tout simplicité et avec conviction :
1. analyser le marché sous l’angle du genre
2. éviter de partir en croisade sans votre équipe mixte
3. utiliser les mots féminin – masculin – épicène
4. pratiquer le test en miroir du genre
5. revoir le processus de construction depuis l’offre jusqu’à la pub
Vous avez besoin de prendre de la distance pour mieux voir comment intégrer le genre dans votre démarche marketing ? Contactez-moi et je vous prêterai mes superlunettes de genre 😉

Uri Hasson Ted conférence

Les femmes sont bilingues… féminin masculin !

Quand je parle de marketing de genre, j’aborde rapidement la question de l’usage du vocabulaire français et du masculin prétendument neutre.  Oui, nous utilisons ce masculin partout tout le temps pour désigner par exemple tous les individus vivant en France, les « Français ». Et dès que je préconise l’usage d’un vocabulaire épicène ou au minimum « féminin masculin », les premières personnes à réagir sont des femmes : « moi, ça ne me dérange pas, je comprends qu’on parle de moi quand c’est au masculin ». Je comprends.

Je comprends exactement comme si une personne d’origine italienne vivant en pays anglophone depuis toujours et maîtrisant les deux langues parfaitement, me disait que ça ne la dérange pas qu’on lui parle en anglais, qu’elle comprend ce qu’on lui dit. Normal, elle est parfaitement bilingue.

Les femmes sont bilingues. Totalement bilingues en féminin, leur langue naturelle, et en masculin, leur langue culturelle. Totalement bilingues parce depuis toujours, leur naissance, voire même avant leur naissance, le masculin les désignent autant que le féminin. Les hommes n’ont pas ce problème, leur entourage, la société, eux-mêmes, tout les désigne au masculin, tout le temps, partout. D’ailleurs, c’est devenu une insulte de parler d’eux au féminin… Passons.

Oui, les femmes sont bilingues.

Quand j’ai créé ma société, j’ai fait rédiger les statuts par un cabinet juridique, conseillée par une avocate. J’ai été stupéfaite de lire le document en cours de préparation. Pour la petite histoire, j’ai constitué une SASU, donc je suis simultanément associée unique et présidente de la société. Classique. Simplement, l’intégralité du document était au masculin, et je lisais les paragraphes concernant l' »Associé » et le « Président ». Or cette histoire ne concernait que moi, pas besoin ici d’un masculin neutre qui aurait intégré des hommes et des femmes. Juste moi. Au masculin. Je me retrouvais personne juridiquement mâle pour représenter la société que je créais en tant que femme. J’étais femme invisible.

Moi j’ai réagi et demandé à ce que l’ensemble du vocabulaire me désignant soit passé au féminin, plus approprié. Mon avocate, habituée au langage juridique dont le féminin est absent en Droit des Affaires, a tiqué, puis obtempéré sans conviction. Disons que je réagis à ce type de situation, là où beaucoup beaucoup d’autres femmes ne perçoivent pas l’absence de féminin, tellement habituées qu’elles sont à entendre parler d’elles au masculin. C’est même parfois plus valorisant socialement pour une femme de s’affirmer « avocat » qu’ « avocate » par exemple, ou « directeur » que « directrice ».

« Do you speak féminish ? »

C’est en visionnant l’intervention TED sur le langage et le cerveau du neuroscientifique Uri HASSON que j’ai compris que toutes les femmes françaises, espagnoles, italiennes, sont parfaitement bilingues. Car même s’il n’aborde pas la question sous cet angle, il présente les recherches qui permettent de comprendre à quel point c’est le sens de ce que nous disons qui favorise la compréhension mutuelle, la symbiose des cerveaux, avec une seule réserve : que les deux personnes, celle qui parle et celle qui écoute, utilisent la même langue. C’est l’explication scientifique de ce que nous connaissons par l’expérimentation en marketing : parler la même langue que la personne ciblée rend le message plus efficace. Un fondamental.

Or ce que nous faisons chaque jour en nous adressant aux femmes au masculin, est exactement l’inverse de ce principe de base : nous leur adressons un message qu’elles doivent traduire systématiquement pour s’identifier (ou pas). En marketing, nous recherchons à faciliter la perception du message en générant le moins d’effort possible pour la cible, en utilisant des personnas super détaillés pour adapter notre discours au plus juste. Dans le même temps, nous incluons de base un obstacle à contourner pour une partie de la cible, elle se débrouillera toute seule avec ça, comme si ce n’était pas notre problème. Paradoxe, quand tu nous tiens ! Les femmes s’identifieront bien quand on leur parle d’entrepreneurs et en se demandant pourquoi elles n’en sont pas, ou de leur « profil client » ou qu’on leur propose le choix unique du « répondre à tous » pour répondre aux mails entre copines. Mais oui !

T’inquiète, je vais faire le chemin vers toi !

photo femme muscle dynamique mag

Dynamique Mag s’interroge : « quelles difficultés rencontrent les femmes aujourd’hui pour devenir entrepreneur-e ? » = le vocabulaire utilisé pour leur en parler !

Eh bien non ! Les hommes s’identifient au terme « entrepreneur » et les femmes s’identifient au terme « entrepreneuse » la réaction neurologique étant immédiate. Le seul frein aujourd’hui est le faible usage de ce mot dans notre vocabulaire, qui fait qu’il « frotte » aux oreilles. Les réseaux de femmes qui entreprennent et les médias lui préfèrent souvent le mot « entrepreneure », ajoutant un e-muet à mon sens purement politiquement correct, qui fait comme si c’était du féminin sans en être puisque le propre d’un e-muet est de rester… muet. Ce qui crée des prononciations forcées du type « entrepreneur-eu » pour rendre le e-muet sonore. Alors qu’en utilisant le mot entrepreneuse, le son est immédiatement féminin, et l’identification des femmes à ce mot est immédiate.

Nous avons vraiment tout intérêt à reprendre les basiques du marketing, pour nous adresser au marché dans le langage qui le désigne, et utiliser la richesse de notre langue au pour désigner la richesse de notre humanité. Osez le féminin masculin !