Les stéréotypes de genre intégrés dès 6 ans freinent votre business

Vous avez pu lire par ci par là des articles qui relayent l’étude publiée par le magazine Science qui valide scientifiquement le soupçon que nous avions de manière intuitive : les petites filles de 6 ans pensent déjà que l’intelligence se trouve plutôt chez les garçons.

J’avoue que je ne suis pas surprise, juste soulagée de pouvoir désormais m’appuyer sur ce fait acté par les voix scientifiques autorisées à s’exprimer.

Si les stéréotypes sont (effectivement) intégrés par les petites têtes dès 6ans, je m’interroge sur l’impact dans le reste de leur vie. Pas tant sur le plan éthique (que d’autres cerveaux pourront réfléchir bien mieux que moi), mais sur le plan qui m’intéresse ici : sous l’angle business…
Regardez votre offre bien droit dans les yeux ! Non pas celle que vous croyez faire, non, concentrez-vous pour analyser l’offre que vous faites en vrai, et surtout à qui et comment. (Pas facile, je sais. Je pourrai vous aider si vous voulez, avec la distance et mon superpouvoir.)

Par exemple vous vendez un magazine économique. Aujourd’hui votre clientèle est essentiellement masculine, hommes-35-50-ans-CSP+-cadres-dirigeants-qui-assurent.

Prenons le temps d’imaginer un autre monde.

Imaginez que, dès la prime enfance, les filles soient convaincues de leur intelligence.
Imaginer que vous vendez toujours votre magazine économique, et que les femmes-35-50-ans-CSP+-cadres-dirigeantes-qui-assurent l’achètent autant que les hommes. Que se passe-t’il ? Comment ? vous augmentez votre chiffre d’affaire ? incroyable.

Imaginez, quel que soit votre offre/produit que vous pouvez leur proposer une offre de produit/service que vous réservez habituellement aux hommes (qui eux considèrent déjà qu’ils sont intelligents) : que se passerait-il ? vous risqueriez de diversifier votre catalogue ? d’augmenter votre chiffre d’affaires ? aïe… c’est un gros risque.

Certaines marques osent.
Dans son dernier spot conçu pour être diffusé le 5 février prochain lors du SuperBowl, Audi invite les pères à s’adresser à leur fille « différemment ».

Audi envoie toujours du rêve aux hommes-35-50-ans-CSP+-cadres-dirigeants-qui-assurent, en les regardant tels qu’ils sont, pères de famille, pères d’une fille qui grandit et qui réussit ce qu’elle fait (et qui achètera peut-être aussi un jour une voiture). La marque aux anneaux s’engage pour l’égalité salariale femmes-hommes, et s’appuie sur cette valeur pour raconter une histoire positive à sa cible, une qui la fait toujours rêver d’être au volant de sa voiture.

D’autres marques ont osé. Promod a renoncé à l’image de femme-objet et repensé son book avec des images de femmes qui les respectent ; Unilever a testé sur ce changement de point de vue sur les marques Dove et Axe… et a décidé de généraliser la démarche à toutes ses marques.

Le marketing de genre est une solution puissante, pour les PME, les grands comptes… Utiliser un levier de performance aussi puissant est accessible à toutes les entreprise. Il faut savoir faire un pas de côté, éviter de surfer sur l’idée mainstream qui penche sacrément vers les produits bleus et les produits roses plus chers en croyant que c’est comme ça qu’on fait plus de chiffre… Oui, pour oser regarder sa cible autrement, il est nécessaire d’enlever ses œillères et appliquer une recette différente.
Entre nous soit dit : si Unilever et Audi y croient, c’est que ça vaut le coup d’essayer, et je peux vous aider.