Qui est Vinciane Mouronvalle Chareille ?

Je suis uniQ en mon genre.

Pour une vision poétique, lisez plutôt cet article.

Pour une vision « parcours professionnel de Vinciane Mouronvalle Chareille, balablabla », lisez la suite.

J’ai toujours été communicante. Je l’ai compris à 40 ans.
J’ai toujours été féministe. ça je l’ai compris à l’âge de 10 ans. Lors d’un jeu de bagarre avec 2 de mes frères, mon frère gagne et s’écrit « vainqueur » ! Puis je gagne la bataille et m’écris « … euh… VAINCRICE ! ». Je suis envahie par une sensation étrange, je me rends compte que je suis à l’étroit dans les mots pour me désigner.

Cet instant est gravé : je me rends compte petit à petit que, sans aucune hostilité, mon environnement est un carcan doré pour la fille que je suis.
Je continue néanmoins ma vie, passe un bac littéraire parce que je suis nulle en maths malgré un père prof de maths, puis fais mes études à Grenoble à l’université Stendhal en Lettres et Communication.
Tout m’intéresse, je papillonne. Je suis l’une des rares personnes en Lettres à suivre l’option informatique. Mes plus belles heures numériques se logent dans ces séances de découverte de l’ordinateur personnel : démarrer en ligne de commande MSDOS + disquettes = 45 minutes / écrire dans Work, ne jamais pouvoir utiliser ce travail / éteindre 45 minutes. Wouaou. En tant que littéraire, je n’applique jamais ces connaissances dans mon quotidien. Je suis en dehors de la catégorie « informatique ».
Je cherche du boulot dans la comm dans les années 90, autant dire que le marché est déjà saturé, et notamment par les femmes. Je galère de CDD en CDD, chez France Télécom (l’ancêtre d’Orange) et ailleurs.

Parcours de femme sur les chemins buissonniers

A 23 ans, j’ai le bonheur de devenir maman. Ma fille est la plus belle du monde, et je viens de me prendre les pieds dans le tapis de ma carrière professionnelle pas encore vraiment commencée. Je mettrai 15 ans à monter une à une les marches de l’escalier (pas d’ascenseur dans mon cas). Pendant cette période, je cherche sans cesse l’équilibre entre vie privée de mère femme seule avec enfant et vie professionnelle de jeune femme diplômée sous employée. Je progresse néanmoins, toujours le nez au vent, et me forme à de nombreux métiers de « petites mains » dont je deviens chaque fois rapidement la responsable. J’aime apprendre, j’aime manager (sans avoir appris) : conseil téléphonique en vente par correspondance (avant le e-commerce), accueil et hébergement dans l’hôtellerie de luxe à Evian, gestion des petites annonces (c’était avant le Bon Coin) et rédaction de supplément thématique dans la presse hebdomadaire régionale. Ce fut une merveilleuse école du service auprès de la clientèle, tous secteurs confondus.

Une reconversion au numérique ?

Vers 30 ans, comme tout le monde je change de siècle et mon univers professionnel aussi : le web 2.0, les réseaux sociaux, le webmarketing… je me suis convertie au numérique en suivant les évolutions de mon métier et retrouvant mon intérêt de jeunesse pour l’informatique (voir la vidéo de mon témoignage à partir de la 30e minutes). C’était normal pour moi. Je prends un poste de chargée de communication des affaires culturelles dans le public. Durant 6 ans, je travaille sur de nombreux projets, des expositions beaux-arts ou art contemporain, des fouilles archéologiques, des programmes de spectacle vivant ou cinéma, des réseaux de professionnels sur tout le territoire, des projets européens. J’explose le périmètre de mon poste, devient ‘dircom’ sous l’étiquette « responsable ». Je suis passionnée, travaille 10 heures par jour et toujours en CDD parce que pas fonctionnaire. A 38 ans, je constate que ma carrière est bloquée, qu’il m’est impossible de valoriser mon expérience du public dans le privé (beurk) et que j’ai touché le plafond de verre.
Je prends conscience alors que la question de la place des femmes et des hommes dans notre société est vraiment très importante pour moi et cherche à me faire financer une formation sur les questions de genre. Dans le public, pas de CIF. Je passe.

D’intrapreneuse à entrepreneuse

Inspirée par l’homme qui m’accompagne (déjà) depuis plusieurs années, entrepreneur depuis tout petit, j’ai envie de créer mon propre chemin et me lance dans l’aventure entrepreneuriale. Active et cycliste urbaine, je choisi de créer The Place to Bike, dédié aux vêtements techniques au look urbain pour les cyclistes en ville. En mode « from scratch » je fais tout dans ma startup : développeuse du site web, rédactrice pour le blog, cheffe de projet pour le site ecommerce, chercheuse le business model, acheteuse auprès des fournisseurs, marketeuse web, relations presse, réseauteuse, coworkeuse… Je choisi d’être accompagnée par l’incubateur Rhône Alpes Pionnières (devenu depuis les Premières AURA), puis accélérée par Boost in Lyon. J’apprends des milliers de choses à cette période, et toutes me servent aujourd’hui. Je constate que les équipes des startups autour de moi ont une analyse de leur marché qui fait l’impasse de la question du genre, et qu’elles se coupent parfois l’herbe sous le pied.
Après avoir tourné l’équation de The Place to Bike dans tous les sens, je prends conscience que ce projet nécessite énormément d’investissements financiers, et que le marché est encore trop immature pour que je tienne dans la durée. « Choisir c’est renoncer », et courageusement, je choisi de mettre fin à cette aventure.

Entrepreneuse je suis, entrepreneuse je reste.

J’effectue alors un pivot à 360° et m’interroge sur ce que je veux/peux faire, mais surtout ce qui m’anime au point que j’ai envie d’y dépenser de l’énergie.
Suivant le principe de base de l’effectuation « si tu as des citrons, fais de la limonade », j’identifie les ingrédients de mon cocktail : le marketing, la communication, avec un zest de genre.
Je crée l’agence uniQ en son genre pour faire entrer la question du genre dans les entreprises par la porte du marketing.
Sur ma carte de visite, je m’annonce :

  • supercommunicante parce que pour moi tout est communication, avec mes lunettes intégrées qui voient tous les stéréotypes de genre.
  • business humaniste parce que j’ai la conviction que l’on peut faire des affaires, beaucoup d’affaires, tout en respectant l’humain.

Je suis uniQ en son genre

Aujourd’hui je sais que je suis touche à tout, que mon métier n’a pas de nom, sauf le mien. Je sais que Vinciane vient de l’italien donc du latin « vincere » qui signifie vaincre et la boucle est bouclée.
Je suis de la génération Y (prononcez « why ») avant l’heure.
J’ai repris mes études en intégrant le Master Egales de l’université Lyon 2 en formation continue pour étayer mon intuition professionnelle confirmée par Unilever dans le cadre de mes recherches en indépendante sur le marketing de genre. Je rédige un livre sur le sujet.

J’utilise tous mes potentiels avec l’agilité managériale, le design thinking, l’effectuation, j’apprends et crée constamment.
Je suis engagée dans les associations qui agissent sur la place des femmes dans l’économie, le Réseau économique féminin, et celle des femmes dans les métiers du numérique, le collectif LDigital.
J’ai rassemblé quelques femmes dans les métiers du marketing, et nous créons une association d’empowerment dans ce secteur professionnel.
J’interviens en tant que formatrice dans des écoles pour transmettre aux jeunes cerveaux ma passion pour la communication et l’humanisme responsable, en activant le neurone du genre.

Je témoigne sur cette nouvelle approche du genre dans le marketing lors de salons, de conférences professionnelles.
J’accompagne l’arrivée à Lyon du 1er salon de la reconversion Profession’L des femmes.
J’accompagne et forme les équipes des entreprises / agences marketing sur le marketing de genre.

  • Je les aide à prendre conscience, grâce à ce filtre d’analyse, qu’elles ont créé des zones d’ombre sur leur marché.
  • Je les forme aux notions de stéréotypes en workshop, j’identifie avec elles les améliorations à apporter dans leur processus de production.

Si vous avez lu jusqu’ici, je vous félicite. Si vous voulez échanger avec moi, c’est par ici.

PS : merci à Hedge, photographe professionnel et artiste, pour ce moment très sympa lors de cette prise de vue délirante réalisée pour le magazine Management en octobre 2015.