Comment impulser le langage ouvert dans son environnement pro ?

Comment impulser le langage ouvert dans son environnement pro ?

Comment impulser le langage ouvert dans son environnement professionnel ?

Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde”, dixit Gandhi. Si je veux que d’autres adoptent le langage ouvert, il faut que je montre moi-même l’exemple. Cela passe par utiliser le langage ouvert au quotidien, à l’oral lors d’interventions ou de discussions ; à l’écrit lors de la rédaction de mails, rapports, cours, communiqués… et dans les visuels si j’en ai l’occasion. Quand j’ai fait ça, c’est bien. Inviter les autres à faire de même, c’est encore mieux. Alors comment puis-je participer activement à impulser le langage ouvert pour changer le monde ?

Comment impulser le langage ouvert dans son environnement professionnel ?

Assumer sa posture dans la bienveillance

Impulser le langage ouvert permet de développer une communication égalitaire à l’écrit mais aussi à l’oral et dans les images. Savoir à qui l’on s’adresse, si genrer sa communication est pertinent, quels mots employer pour éviter les stéréotypes, diversifier les représentations de ses visuels… le langage ouvert nous aide à penser et réaliser un monde différent.

Cela peut se faire de manière “invisible” à l’écrit en utilisant les outils de l’écriture inclusive comme les mots englobants ou les double-flexions par exemple. Mais je peux aussi décider de l’afficher clairement, par exemple en précisant qu’un document est écrit en langage ouvert.

Quel que soit son choix pratique, il faut pouvoir assumer sa posture. Si je porte le langage en faveur de l’égalité c’est que j’ai une bonne raison de le faire. Certaines personnes seront peut-être interloquées, d’autres très curieuses. Je dois donc savoir expliquer aux autres ce qu’est le langage ouvert (avoir des données scientifiques d’études sur le langage peut être très utile, par exemple cette étude sur le masculin générique qui n’est en réalité pas neutre) et pourquoi je l’utilise personnellement.

La façon de présenter est importante aussi. Être dans le positif, dire « j’ai découvert que » plutôt que « manque, problème ».” Anne, membre de la communauté uniQ

Quand je discute de sujets comme l’égalité par le langage, il est essentiel de me protéger. C’est-à-dire que déconstruire des codes appris dès sa plus tendre enfance n’est facile pour personne. Cela prend du temps. Le cheminement pour arriver jusqu’au langage ouvert est avant tout personnel et intime. Il est possible que je rencontre des personnes réfractaires au sein de mon organisation. Et elles ont le droit. Si ça vous arrive, pensez à vous sécuriser. Si la discussion ne mène nulle part, inutile de gaspiller votre énergie : savoir comment apaiser un débat, voire choisir de partir, peut tout-à-fait être une solution.

Impulser le langage ouvert autour de soi

Si je veux voir des changements plus larges et pérennes au-delà de ma seule personne, je peux aborder le sujet au sein de mon organisation.

Il est essentiel de savoir Pourquoi je veux aborder la question. Tout comme il est important de conscientiser mes raisons personnelles à utiliser le langage ouvert, il faut que je sois apte à expliquer à d’autres les raisons qui me poussent à impulser des changements au sein de l’organisation. “Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement”… et se comprend d’autant mieux.

Pour impulser le langage ouvert dans mon organisation il faut savoir à Qui je m’adresse. Je dois donc repérer les personnes décisionnaires des changements à adopter : ressources humaines, service communication, direction… J’évite d’y aller seul·e : avec du soutien, c’est plus sûr ! Il faut donc que je repère parmi mes collègues les personnes qui sont favorables aux changements que j’aimerais impulser et qui pourraient appuyer ma démarche. A contrario, connaître les personnes réfractaires et leurs arguments peut m’aider à préparer des contre-arguments pour défendre ma position. Si vous avez besoin de certaines sources ou exemples pour déconstruire les idées reçues, lisez les autres articles de notre blog !

Une fois que je sais expliquer le “pourquoi” de ma démarche et à “qui” m’adresser, il ne me reste plus qu’à y aller ! Une demande d’entretien plus tard, je serai capable d’exposer les points de tension liés au langage ouvert que j’ai repérés, les changements précis que j’aimerais voir au sein de mon organisation et les moyens nécessaires pour faire évoluer les pratiques en interne.

Créer une culture collective 

Si vouloir impulser le langage ouvert au sein de sa structure est une bonne chose, il est néanmoins important de créer une culture collective liée au langage ouvert. Penser à intégrer les différents points de vue dans cette évolution est un bon moyen d’avancer ensemble sur la question de l’égalité en général et de l’égalité par le langage en particulier. 

Pour construire un socle commun je commence par suggérer de se faire accompagner par une expertise externe et qu’une ou plusieurs équipes soient formées au langage ouvert. Je propose l’organisation de conférences sur ces sujets, pour qu’un maximum de personnes puissent elles-mêmes déconstruire leurs préjugés. Une fois que l’organisation et le personnel partagent la notion de langage en faveur de l’égalité, il est temps de créer ensemble une charte du langage ouvert pour établir des normes propres à la structure.

A retenir : 

   👉 Je change mes pratiques personnelles

   👉 J’accepte que chaque personne avance à son rythme pour s’emparer du langage ouvert

   👉 J’identifie mes allié·es favorables à l’égalité par le langage

   👉 J’exprime auprès des personnes décisionnaires les changements que je veux impulser

Une chose est sûre : vous et les membres de votre organisation pouvez impulser le langage ouvert et avoir un réel impact dans votre environnement. Vous aurez toujours plus de force si vous portez cette volonté en collectif. Cela prend du temps mais avec les bons conseils c’est plus facile !

Alors si vous avez des questions, nous sommes là pour vous aider ! 

Morgane LE COQ

Le body positive dans la pub : stratégie marketing ou véritable engagement ?

Le body positive dans la pub : stratégie marketing ou véritable engagement ?

Le body positive dans la pub : stratégie marketing ou véritable engagement ?

Enfin l’été ! Qui dit vacances et plage dit avalanche de pubs en maillot de bain et en tenue légère. De plus en plus de marques représentent des corps diversifiés, surfant sur la vague du “body positive”.

L’objectif de ce mouvement -aussi appelé en français “positivité corporelle” : prôner l’acceptation de soi en allant au-delà des injonctions à correspondre aux normes corporelles de beauté.

Alors, stratégie marketing ou véritable engagement ? Comment aligner vos valeurs et votre com’ ?

Le body positive dans la pub : stratégie marketing ou véritable engagement ?

Le body positive : plus de représentation

L’influence du body positive dans la com’ des entreprises se perçoit un peu plus chaque année, particulièrement pour vendre des vêtements et des maillots.

Ce courant donne suite à un autre mouvement nommé « fat acceptance movement ». Apparu au Canada et aux États-Unis à la fin des années 1960, il visait à lutter contre la grossophobie. C’est ensuite en 1996 qu’est né le mouvement body positive, impulsé par Connie Sobczak et Elizabeth Scott. Il répond au besoin d’un grand nombre de femmes qui se sentent mal, voire pas du tout représentées, et chez qui les médias peuvent créer ou accentuer des complexes.

L’objectif des marques est de représenter la réalité, des corps sans retouche, pour que les femmes s’aiment mieux. Par exemple, montrer des morphologies, des couleurs de peau, des âges différents, des poils et lutter contre les standards de beauté imposés par l’industrie de la mode. Leur enjeu est de toucher la totalité de leur cible et de contribuer à l’évolution de la société.

Le body positive : nouvelle injonction, stratégie marketing ou véritable engagement ?

Si l’objectif du body positive est de valoriser tous les corps, on peut aussi l’appréhender comme une nouvelle injonction qui concerne encore une fois les femmes : devoir assumer ses complexes, rester constamment positive par rapport à son corps, à son image.

De plus en plus de marques comme H&M, Zalando ou Asos diffusent des campagnes de com’ représentant des corps plus variés qu’il y a quelques années. Là où d’autres marques conservent de représentations de mannequins aux corps ultra minces, blancs et épilés, on peut voir cela comme une avancée ! Ces corps restent toutefois, pour la plupart, très normés. Même lorsque des femmes grosses sont représentées, elles ont quasi systématiquement une morphologie dite “en forme de 8”. Alors, peut-on parler de véritable effort d’ouverture ?

Dans une étude portant sur la perception de publicités prônant le body positive, certaines répondantes soulignent le fait que les marques utilisent parfois le mouvement dans un but purement commercial. Choisir des mannequins grande taille dans ses campagnes de com’ et passer à côté des attentes de la clientèle -qui demande des vêtements plus adaptés aux corps gros- est l’une des incohérences à éviter. En grande majorité, les femmes interrogées dans l’enquête sont favorables à l’utilisation du mouvement par les marques tant qu’il est correctement utilisé. Toutes considèrent que le mouvement peut être à la fois une forme d’opportunisme marketing ou un véritable engagement.

Le body positive : s’engager pour agir efficacement

Communiquer de manière à représenter des corps variés et proposer des produits adaptés à sa clientèle, c’est le pari de la récente marque “je ne sais quoi”.

Sur instagram et sur son site, elle met en valeur des femmes réalistes, à la taille et aux morphologies variées. Cela permet de pouvoir s’identifier plus facilement aux modèles. Les tailles vont du XXS au XXXL, ce qui maintient la cohérence avec les valeurs. On peut aussi citer Bertille Isabeau et Estampe, qui ont choisi d’aller dans ce sens. Navabi également, grâce à sa communication, a répondu à une campagne publicitaire stéréotypée. La marque a mis en avant des femmes sortant des normes imposées par l’industrie de la mode en répliquant à la campagne culpabilisante “are you beach body ready ?” -montrant une femme ultra normée-, par “100% beach body ready”.

L’ensemble de ces prises de position marquées peuvent contribuer à faire évoluer les perceptions du grand public. Et ça, ça compte pour une marque, non ?

Body positive : pourquoi pas, tant qu’à faire, autant représenter franchement la diversité de corps : des femmes, des personnes non binaires et aussi des hommes (et là, on n’a pas encore d’exemple…). Et préserver l’alignement avec ces valeurs jusque dans les propositions de produits. On peut le faire !

Si vous voulez découvrir comment élargir votre spectre de représentations et votre gamme de produits, contactez-nous 😉

Mimosa LEGENTILHOMME

Pourquoi déposer l’expression « langage ouvert » en Creative Commons ?

Pourquoi déposer l’expression « langage ouvert » en Creative Commons ?

Pourquoi déposer l’expression « langage ouvert » en Creative Commons ?

Une nouvelle étape est franchie pour notre concept : nous avons officiellement déposé l’expression « langage ouvert » en Creative Commons ! 🚀

Clic sur langage ouvert

Le langage ouvert : quèsaco ?

Créé en 2017 par Vinciane MOURONVALLE CHAREILLE, le concept de « langage ouvert » est né suite à un constat : les personnes exerçant les métiers de la communication/marketing ont, comme tout le monde, de nombreux biais notamment sexistes. Les messages qu’elles produisent sont porteurs de stéréotypes et ont un immense impact sur la société. À cette période, la notion d’écriture inclusive commence à prendre de l’ampleur en France et à faire débat. Tout cela est le signe d’un réel besoin de prendre en compte les questions d’égalité dans les métiers de la communication et du marketing. Et pour les métiers de l’égalité, c’est un constat que la communication est incontournable pour agir.

Fusionnant plusieurs courants de pensée liés à la communication professionnelle, Vinciane a construit un concept global intégrant :

👉 l’écriture inclusive et son panel de possibilités à l’écrit (bien plus que le point médian)

👉 les mots utilisés pour la communication orale ainsi que l’attention aux temps de parole,

👉 un marketing dégenré pour tout ce qui est visuel (pubs, vidéos, messages…)

En partant de là, l’expression « langage ouvert » s’est imposée. 

Cette notion d’ouverture permettait aussi de corriger l’expression « écriture inclusive » inadéquate. L’inclusion est un terme qui vient des politiques sur le handicap et vise à « intégrer » des personnes handicapées dans les entreprises. Or, l’erreur consiste à vouloir « inclure » la moitié de l’humanité quant il s’agit de la représenter à sa juste place, à sa juste valeur.

Pourquoi le choix de Creative Commons ?

L’un des objectifs d’uniQ en son genre est de permettre aux individus et organisations de s’emparer de l’expression           « langage ouvert » pour nommer leur volonté d’agir en faveur de l’égalité par le langage. Nous considérons « langage ouvert » comme un bien commun à diffuser et avons le devoir de le protéger. 

Creative Commons est une association à but non lucratif qui propose des licences pour protéger les droits d’autorat sur une œuvre. « Le but recherché est d’encourager de manière simple et licite la circulation des œuvres, l’échange et la créativité ».

En parallèle d’une protection de marque auprès de l’INPI pour éviter tout risque d’appropriation commerciale, nous avons décidé de déposer l’expression « langage ouvert » en Creative Commons pour faciliter sa diffusion et son appropriation par l’ensemble de la société.

Notre licence se présente sous cette forme :

Langage ouvert © 2017 by Vinciane MOURONVALLE CHAREILLE is licensed under CC BY-NC-ND 4.0

Concrètement cela signifie que vous pouvez utiliser l’expression « langage ouvert » en vous engageant à :

👉 Copier, distribuer et communiquer le concept de « langage ouvert », par tout moyen et tout format

👉 Créditer l’autrice Vinciane MOURONVALLE CHAREILLE et intégrer un lien vers la page langage ouvert

👉 Respecter l’intégrité du concept

👉 Renoncer à une utilisation commerciale du « langage ouvert »

Sachez seulement qu’avec Creative Commons des exceptions sont possibles. Dans ce cas-là, contactez-nous pour en discuter ! Notre but est toujours de vous accompagner dans la pratique et la diffusion du langage ouvert pour une communication égalitaire dans notre société ! 🤝

Morgane LE COQ et Vinciane MOURONVALLE CHAREILLE

Oui, ma campagne est discriminante.

Oui, ma campagne est discriminante.

Oui, ma campagne est discriminante.

En ce mois des fiertés 🏳️‍🌈 de juin 2021, une campagne d’affichage en ville a attiré mon attention : la campagne d’affichage « oui, ma fille est lesbienne ». Ma première réaction a été positive : « oh, cool, une campagne qui aborde les phobies de genre ! C’est bien la première fois que je vois une campagne de l’Etat français qui s’attaque à l’homophobie ou la transphobie ! ». Mais immédiatement mon cerveau a tiqué, sans vraiment comprendre sur quoi.

« Pourquoi ça me gêne ? 🤔 ». J’ai pratiqué l’exercice de renversement du miroir : j’ai imaginé une affiche qui dirait « Oui, ma mère est hétéro » ou « Oui mon père est cisgenre ».  Et j’imaginais aisément qu’elle se terminerait par un « désolée » à peine murmuré. Oui, ma campagne est discriminante.

Visibilité lesbienne au travail : agir par le langage

Vraiment une campagne de tolérance ?

Nous étions en plein séminaire d’équipe [toute l’équipe au complet pendant une semaine, au même endroit dans nos tout nouveaux bureaux à Lyon, pour nous qui sommes habituées à la mobilité, c’est un moment exceptionnel 😉]. J’ai posé naïvement la question avant notre première séance de travail du jour : « que pensez-vous de la campagne… ». Notre échange fut nourri et nos sources variées.

Je tente ici de résumer notre analyse collective de cette démarche qui a fait beaucoup parler d’elle depuis.

Ses points positifs :

  • c’est une démarche qui va dans le sens de la sensibilisation à l’homophobie + transphobie
  • c’est un message qui génère une émotion, le ressort essentiel en marketing pour avoir un impact
  • c’est une première de la part de l’Etat

Ses points de faiblesse

  • la personne visible est celle qui s’exprime pour dire « oui… » = ce sont des personnes hétéronormées qui s’expriment directement à d’autres personnes hétéronormées potentiellement homophobes ou transphobes
  • la personne homosexuelle ou transgenre est présentée de dos, son visage est invisible : les personnes concernées par les discriminations dénoncées sont invisibilisées
  • le message émane de l’institution Santé Publique France : ce qui laisse entendre que ce sujet est lié à la santé, et comme toutes les personnes mentionnées sont supposées être en bonne santé physique, on parlerait ici de la santé mentale des personnes discriminées. Pour mémo, l’homosexualité est supprimée de la liste des maladies mentales seulement depuis 1992 en France, et la transexualité depuis 2010. Dommage que la nature de l’institution qui parle réveille ce lien entre santé et hétérosexisme/transphobie.
  • le message « d’amour » sous-entend que les personnes hétéronormées sont invitées à être tolérantes envers les « autres » (celles qui restent supposées hors normes, anormales…). Cela ressemble à un appel à la morale judéo-chrétienne, à la tolérance qui suppose une transgression à la règle tant qu’on reste dans la limite de l’acceptable. Une posture d’inclusion, pour « inclure » ou « intégrer » des personnes qui sont considérées en dehors du cercle de base. Mais justement, il y a une grande différence entre avoir de l’affect pour une personne et respecter ses droits fondamentaux

    Respecter les droits des personnes

    Les personnes LGBTQIA+ ont vivement réagi à cette campagne, qui les a choquées. Je les comprends oh combien. Je les soutiens.
    En réalité ce qui me gêne profondément, c’est que la question du genre ou de l’orientation sexuelle d’une personne ne me concerne pas. C’est outrepasser mes droits que de croire que je peux exprimer mon avis sur la vie des autres, comme ça, gratos. Pourquoi pas la couleur des cheveux, la longueur de la jupe, la sexitude dans la rue ou au boulot tant que j’y suis ?

    En réalité, je veux rappeler que nous avons le contrôle notre propre vie, et uniquement notre propre vie. Le reste « ne nous regarde pas ».

    Construire un message sur les droits

    Pour construire un message qui s’attaquerait aux discriminations, il s’agirait plutôt de rappeler à tout le monde que toutes les personnes ont les mêmes droits, quel que soit leur genre, quelle que soit leur orientation sexuelle, quelle que soit quoi que ce soit.
    Que c’est une question juridique, pas morale.

    • 📝 Un message en langage ouvert (oral, écrit et visuel) à l’ensemble de la population, qui dénonce toutes les discriminations.
    • 🔊 émanant du ministère de la justice française nous parlerait clairement de droits humains
    • 🌟 affirmant clairement « oui, les droits sont les mêmes pour tout le monde », et dénonce toutes les discriminations à l’encontre des personnes identifiées comme femmes, homosexuelles, transgenres, hommes, handicapées physiques, racisées, âgées, grosses (liste non exhaustive et sans ordre de priorité de ma part) > en cas de doute, demander aux personnes concernées ce qu’elles pensent de mon message
    • 👀 un visuel qui montre la personne concernée par les discriminations, avec un visage auquel s’identifier
    • 🎯 un message qui s’adresse à toutes les personnes sexistes, homophobes ou transphobes, grossophobes, âgistes, classistes, validistes…
    • 🎨 décliné par discrimination spécifique pour faire parler directement les personnes concernées en les visibilisant clairement.

    Pour faire simple, un message clair et productif appelle une chatte « une chatte 😸 » pour éviter de dire indirectement le contraire de ce qu’il affirme.

    Alors si vous souhaitez construire un message impactant en langage ouvert, contactez-nous !

    Vinciane MOURONVALLE CHAREILLE

    Quelle différence entre stéréotypes et préjugés ?

    Quelle différence entre stéréotypes et préjugés ?

    Quelle différence entre stéréotypes et préjugés ?

    Stéréotypes et préjugés : ces deux concepts sont énormément utilisés, parfois de manière interchangeable. Pourtant, même s’ils sont liés, ils ont des significations différentes. Il est important de les distinguer pour viser juste et donc agir efficacement 💪

    Comme d’hab’ dans notre série #LesMotsDuGenre, on vous propose d’y voir plus clair en rendant ces mots du jargon scientifique, politique et militants plus accessibles :

    Stéréotypes et préjugés

    Les stéréotypes, qu’est-ce que c’est ?

    À l’origine, le mot stéréotype vient d’une ancienne technique d’impression. Il désignait une plaque métallique, en relief, qui permettait de produire de nombreux d’exemplaires de typographies, de gravures et dessins en les copiant. 

    Au XXe siècle, un journaliste, Walter Lippmann, rend populaire l’utilisation de ce mot comme une métaphore pour parler d’images qu’on forme dans notre tête. Des croyances rigides, que l’on répète en bloc, à l’identique, pour simplifier la réalité. 

    La psychologie sociale a permis de comprendre le stéréotype comme un phénomène cognitif inconscient et automatique. Notre cerveau reçoit tous les jours énormément d’informations, il simplifie la réalité pour éviter une surcharge mentale.  Souvent, ces raccourcis de pensée concernent des groupes d’êtres humains. 

    Dans ce sens, les stéréotypes correspondent à des croyances simplificatrice et partagées collectivement. Ils concernent généralement les attributs et les comportements des individus d’un groupe. Par exemple : des personnes ayant le même sexe, la même couleur de peau, la même orientation sexuelle, etc.)

    [définition] Les stéréotypes de genre sont des représentations simplifiées et globalisantes sur ce que sont et ne sont pas les femmes et les hommes. Cela concerne entres autres leurs valeurs, leurs responsabilités et leurs obligations respectives.

    Par exemple :

    Symbole Mars: Les hommes sont fréquemment associés aux valeurs de puissance, de rationalité, d’activité, de productivité, de capacité à rémunérer, en relation sociale publique. 

    Symbole Vénus: Les femmes sont généralement perçues comme fragiles, émotionnelles, passives, reproductives, vulnérables, bénéficiaires, en relation sociale privée.

    Les personnes non-binaires quant à elles dérangent, car elles ne rentrent pas dans ces 2 catégories réductrices. Elles sont donc fréquemment oubliées, perçues comme en dehors de l’ordre social, voire déshumanisées. 

    Les préjugés, qu’est-ce que c’est ?

    Les préjugés aussi concernent des jugements simplificateurs sur une personne avant de la connaître (par rapport au groupe auquel elle est assignée). Il s’appuie sur le stéréotype. Ce qui le différencie de ce dernier, c’est qu’en plus de l’aspect cognitif, il prend une connotation affective et émotionnelle.

    [définition] Il correspond à toute évaluation positive ou négative, favorable ou défavorable envers une personne. Et ce, sans que le jugement se base sur des faits objectifs et des expériences directes. C’est une prédisposition à agir d’une certaine manière, qui peut découler sur une discrimination. 

    Symbole Mars:   ➕ “Je fais plus confiance aux hommes pour manager une équipe”

              ➖  “Les hommes ne pensent qu’au sexe”

    Symbole Vénus: ➕ “Les femmes ont vraiment des facilités avec les enfants grâce à l’instinct maternel”

             ➖  “Je m’entends mieux avec les hommes, les femmes se crêpent trop le chignon” 

     

    Les préjugés découlent sur des attentes concernant la manière dont les personnes (pensent qu’elles et les autres) doivent se comporter, en fonction du groupe auquel elles appartiennent. Ça crée des normes sociales : des règles de conduite plus ou moins formelles qu’il convient de suivre (ce qu’illustre clairement la répartition genrée des métiers par exemple :  97 % des aides à domicile et des secrétaires sont des femmes, 98% des ouvrier·es du bâtiment sont des hommes). 

    Puisque les différences statistiques sont frappantes, on peut avoir tendance à penser qu’il y a un fond de vérité dans les stéréotypes. Alors que ce sont les stéréotypes et les préjugés qui causent la réalité, c’est le serpent qui se mord la queue.

    Quelles sont les solutions ?

    Agir par le langage pour se défaire des stéréotypes et préjugés

    Le langage (écrit, oral, visuel) est le vecteur principal des stéréotypes, puisque c’est ce qui nous permet de diffuser nos idées, nos valeurs, nos représentations du monde.

    Nos échanges persos, la communication professionnelle, les médias et la culture participent largement à construire des représentations stéréotypées des personnes. Le recours à différents symboles, couleurs, mots, mises en scène en fonction des genres représentés est lourd de sens. Il alimente et renforce la croyance que les individus ont des rôles différents en fonction de leur genre.

    La bonne nouvelle, c’est que puisque les stéréotypes et préjugés se construisent par le langage, c’est aussi par ce biais qu’on peut s’en défaire. Tout comme on doit “décliquer” pour retrouver l’info qui nous intéresse lorsqu’une publicité pop-up s’affiche, il faut agir pour faire disparaître un stéréotype. Le contourner répond d’un acte conscient et conscient et volontaire. 

    C’est un processus qui peut être long, sachant que l’exposition aux stéréotypes et préjugés est intense et répétée depuis l’enfance. 

    Vous souhaitez évaluer votre communication sous l’angle du genre et la dé-stéréotyper ? Que l’on vous accompagne pour renforcer la mixité de vos équipes ? Passez à l’action.

    Mimosa LEGENTILHOMME et Clémentine OTTO-BRUC

    La visibilité lesbienne au travail : agir par le langage

    La visibilité lesbienne au travail : agir par le langage

    La visibilité lesbienne au travail : agir par le langage

    Les personnes lesbiennes sont présentes dans toutes les sphères de la société et pourtant, on ne les voit pas. Ou pas correctement. Le 26 avril, c’est la journée de visibilité lesbienne, c’est-à-dire la journée contre l’invisibilisation des lesbiennes.

    Dans le même esprit que notre article sur les transidentités, on va aussi parler égalité professionnelle, communication et langage ouvert !

    Visibilité lesbienne au travail et représentations en communication, quels enjeux ? Quelles solutions concrètes ?

    Visibilité lesbienne au travail : agir par le langage

    Lesbophobie et visibilité lesbienne au travail

    Les discriminations liées à l’orientation ou à l’identité de genre peuvent se manifester par des agressions verbales et/ou sexuelles. Mais la lesbophobie prend aussi des formes moins explicites telles que :

      • L’excuse de l’humour, très utilisée comme bouclier face à toute accusation.
      • Les propos péjoratifs et le déni de l’identité de genre. Certaines personnes lesbiennes – notamment celles qu’on peut qualifier de butchs – sont régulièrement comparées à des hommes, dans le but de les dévaloriser et les stigmatiser.
      • Les stéréotypes et le fétichisme. On retrouve notamment l’expression du fantasme masculin. Cela peut se manifester par des allusions sexuelles et l’insinuation que les couples lesbiens existent pour satisfaire les hommes hétérosexuels.
      • La présomption d’hétérosexualité et la hiérarchie des relations. Cela peut être inconscient, mais ça fait partie des freins à se dire ouvertement lesbienne en entreprise.

    Il est évident que face à des collègues exprimant des stéréotypes sur les personnes homosexuelles, il sera d’autant plus compliqué de se manifester.

    Les personnes lesbiennes qui ne souhaitent pas -ou ne peuvent pas- révéler leur homosexualité au travail témoignent d’ailleurs d’un effacement d’une partie de leur identité et de relations plus superficielles avec leurs collègues. Certaines sont témoïnes “à de nombreuses reprises de propos péjoratifs concernant l’homosexualité et trouvent inconfortable leur position de spectatrice anonyme”. Et cet anonymat est un sous-entendu partout dans la société : c’est le discours ambiant dont les messages publicitaires se font le reflet.

    Quelle (in)visibilité lesbienne dans la publicité ?

    Avant les années 2000, peu voire aucune publicité ne mettait en scène des personnes lesbiennes. Si actuellement il y a légèrement plus de représentation -par exemple avec des pubs Meetic-, ça reste très largement minoritaire. En France, les hommes gays sont davantage représentés dans les médias que les lesbiennes. On peut citer les publicités de McDonald’s, Evian ou encore Volvo.

    Pourtant, les marques ayant promu les codes gays dans la mode masculine ont connu un succès important… Et contribué à faire bouger les lignes.

    En valorisant les hommes homosexuels dans leur communication, les marques pensent viser l’ensemble de la communauté. Or cette mise en avant spécifique des gays est assez inefficace pour toucher les autres personnes LGBT+. “70 % des femmes homosexuelles ne se projettent pas comme membre de la communauté indifférenciée.” Les lesbiennes seraient donc beaucoup plus réactives face à des scènes qui les représentent -sans stéréotype ! Étonnant ? Pas vraiment… Le langage oral, écrit, visuel désignant ou représentant des hommes -aussi appelé “le masculin neutre”- est loin de toucher tout le monde.

    Langage ouvert : favoriser la représentation des lesbiennes au travail

    Comment faire pour favoriser la visibilité lesbienne ? Au travail, on peut former ses équipes pour créer un environnement professionnel sécurisant, favorable à la libération de la parole des lesbiennes et de l’ensemble des personnes LGBT+.

    Plusieurs facteurs favorisent la possibilité de parler de son couple/orientation sexuelle au travail. On retrouve notamment la sécurité et la stabilité de l’environnement professionnel et/ou les réactions positives face à d’autres personnes ayant déjà fait leur coming out.

    Voici quelques pistes d’action pour lutter contre les LGBTphobies :

      • utiliser un langage ouvert permet aux personnes de se sentir plus en confiance.
      • s’assurer que la culture d’entreprise qui circule au sein du personnel soit bienveillante.
      • au niveau de la communication, contribuer à faire évoluer les mentalités et toucher l’ensemble du public cible par une représentation diversifiée.

    Vous avez besoin d’aide pour créer des ponts entre votre service communication et votre pôle égalité/diversité ?

    Vous souhaitez englober toutes les personnes dans votre communication et renforcer vos valeurs d’égalité et de bien-être en entreprise ? Passez à l’action. On peut vous accompagner dans votre démarche vers plus d’égalité !

    Mimosa LEGENTILHOMME

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