Langage ouvert : quels apports depuis l’écriture inclusive ?

Langage ouvert : quels apports depuis l’écriture inclusive ?

Langage ouvert : quels apports depuis l’écriture inclusive ?

Vous le savez sûrement, notre activité consiste à promouvoir un langage ouvert. On nous interpelle souvent à propos de cette expression. Qu’est-ce qu’elle veut dire ? D’où elle vient ? Pourquoi nous la préférons à celle d’écriture inclusive ?

La réponse à toutes ces questions dans cet article.

Clic sur langage ouvert

Pour comprendre les différences entre écriture inclusive et langage ouvert, faisons d’abord un léger détour par l’histoire de l’écriture inclusive.

Les bases de l’écriture inclusive

Depuis quelques années, l’expression d’écriture inclusive s’est imposée dans le débat public. Elle désigne un ensemble de techniques pour rendre les femmes aussi visibles que les hommes dans la langue (écrite, comme son nom l’indique). On en précise les contours dans notre article sur le point médian

Une expression a priori nouvelle, pour une réalité ancienne

On peut avoir l’impression que l’écriture inclusive est un phénomène nouveau. C’est certainement dû aux événements de 2017. On se souvient encore des violentes polémiques qui ont suivi la publication du premier manuel scolaire en écriture inclusive à l’époque. Le traitement médiatique de la question a notamment contribué à cristalliser les réticences sur la question du point médian.   

Pourtant, l’écriture inclusive est une pratique ancienne et plurielle : 

  • L’expression naît dans les 70s : on la voit apparaître sous la plume de théologiennes protestantes et féministes qui souhaitent inclure les femmes dans la pratique religieuse et dans les textes sacrés. 
  • Le sujet est très étudié : depuis les années 1970 également, un grand nombre d’études en sciences sociales interrogent le potentiel discriminatoire de la langue. Elles emploient plutôt l’expression “langage non sexiste” ou “gender-fair language”.
  • Féminisation ? Plutôt re-féminisation : jusqu’au 17e siècle, on emploie autant les termes féminins que masculins (avant l’intervention de l’Académie française). Dès le 20e, de gros efforts sont menés par les institutions étatiques pour réintégrer les mots féminins supprimés. 
  • Avant l’inclusif, l’épicène : Avant “l’inclusif”, depuis les années 80, on parlait beaucoup de rédaction épicène dans les pays francophones du Nord. C’est d’ailleurs toujours le mot qu’on emploie au Québec et en Suisse romande. Il est utilisé dans le sens de “neutre”, de termes qui permettent de désigner tous les genres indifféremment (contrairement au masculin). 

Les apports du langage ouvert

Le langage ouvert s’inscrit dans la continuité du mouvement de l’écriture inclusive. En 2017 Vinciane MOURONVALLE CHAREILLE conçoit le langage ouvert avec pour objectif de dépasser les limites de l’écriture inclusive. Quels sont les bénéfices de ce concept innovant ?

Passer de l’écriture au langage

Le langage, c’est tous les systèmes de signes qui permettent la communication. En partant de là, on peut viser l’égalité dans l’ensemble des communications. 

  • À l’écrit : l’écriture inclusive permet de travailler sur les règles de grammaire
  • en langage ouvert, on pense aussi au sens des mots féminins et masculins. On cherche à le rééquilibrer (cf. notre article maîtresse et maître pour un exemple).
  •  À l’oral : En plus de l’écrit, le langage ouvert s’intéresse à la communication parlée (prononciation, temps de parole, etc.)
  • Dans les images : Le langage ouvert permet aussi la prise en compte des discriminations de genre dans les images à travers la présence / absence et la mise en scène des personnages, les couleurs utilisées, etc.

Parler de langage plutôt que d’écriture permet aussi d’affirmer plus facilement la pluralité des pratiques. C’est un bon moyen d’éviter que la discussion soit réduite à une technique spécifique. 

Citation de Wendy Delorme sur l'écriture inclusive

Passer de l’inclusion à l’ouverture

L’autre apport majeur du langage ouvert, c’est un changement radical de posture mentale. Dans “écriture inclusive”, il y a cette notion que la langue est d’abord masculine et qu’elle inclut d’autres genres. Pourtant, les mots ne sont pas “par défaut” masculins, c’est un choix politique que de n’utiliser que du masculin. C’est un cercle restreint qui a choisi de refermer la langue sur lui-même. 

En ouvrant le cercle qu’est notre conception du langage, on évite le fait d’assigner les individus à des cases. C’est une vision dynamique, profonde et globale de l’égalité.

Passer du manuel à l’usage

Le dernier aspect qui caractérise le langage ouvert, c’est son pragmatisme. On parle souvent des règles d’écriture inclusive à connaître. Malheureusement, s’il suffisait d’une recette magique pour parvenir à l’égalité, ça se saurait. Le langage n’existe que dans l’usage, il est donc essentiel de prendre en compte les freins et les leviers du contexte où il est utilisé.

Ouvrir son langage est un processus dynamique, qui évolue au cours du temps. Étant communicante et marketeuse de métier, Vinciane a pu expérimenter par elle-même des moyens de rendre ces changements les plus fluides possibles. Au sein de l’agence nous avons 3 recommandations à faire 

  • Adopter une démarche bienveillante
  • Prendre en compte la complexité du numérique
  • Impliquer le collectif

Alors, vous y voyez plus clair ? Vous vous sentez d’attaque pour ouvrir votre langage ? 💪

Clémentine OTTO-BRUC

La parité est politique

La parité est politique

La parité est politique

Mixité et parité : la confusion

Le terme parité est employé très souvent pour parler de mixité dont nous parlons dans cet article.

La confusion est fréquente comme dans ces phrases entendues au quotidien :
« – Quand nous aurons la parité dans la musique, ce sera bien.
– Dans l’économie il n’y a pas la parité.
– C’est très important de favoriser la parité dans les médias.
– Les JO devraient être paritaires entre les sportifs et sportives… »

Il y a bien l’idée de la place des femmes et des hommes dans notre société, sauf que ce terme est rarement adéquat. Il serait pertinent de choisir de quoi on parle.

mixité parité

Définition de la parité

La parité fonctionne par paire, d’un point de vue comptable ou quantitatif.

Elle qualifie le rapport d’équivalence entre deux éléments, deux êtres, deux objets, avec une valeur référente commune.

[NB : aucun point commun avec les mots en -parité, du latin « parus », comme « primiparité, oviparité, viviparité, … » qui désignent un mode de reproduction biologique]

Exemple 1 : deux monnaies sont paritaires quand elles ont la même valeur par rapport à l’or.
Exemple 2 : Les instances représentatives au Conseil Social et Economique de l’entreprise sont paritaires. Elles rassemblent à parité les différentes parties de l’entreprise, soient une délégation du personnel, les personnes déléguées syndicales, la direction représentant l’entreprise, la médecine du travail et le comité de sécurité.

Cette exigence d’équilibre entre la représentation des femmes et la représentation des hommes s’applique aux sphères représentatives d’un groupe. Si l’un des deux sous-groupes est majoritaire, alors l’ensemble du groupe n’est pas paritaire. Nous pourrions parler d’imparité.

Quelques chiffres en France et Europe

Les intercommunalités et communes de moins de 1000 personnes habitantes échappent encore aux règles de la parité en politique. On y compte 35 % de conseillères communautaires et seulement 20 % de vice-présidentes.

Depuis 2017 le Sénat compte 31,6 % de sénatrices et l’Assemblée nationale compte 38,7 % de députées. Le Parlement est encore loin de la parité.

Au sein du Parlement Européen, 36 % des personnes élues sont des femmes, et la Commission européenne est composée à 36,4 % par des femmes.

Ces chiffres montre l’inégalité de représentation entre les deux groupes.

Une volonté dans la cité

Pourtant la parité est inscrite dans la loi, comme nous le rappelle Le guide du HCE.

La parité est politique – au sens gestion de la cité.
Et donc économique.
Si les femmes sont représentées dans les spères décisionnelles, publiques et privées, alors les décisions concernent l’ensemble de la population. Et la société se construit de manière englobante, ouverte.

Les élections près de chez vous arrivent bientôt ?

Qui porte sa candidature ? Combien de femmes, combien d’hommes pour devenir maire ou mairesse, député·e, sénatrice, sénateur, élu·e régional·e, président·e de votre association sportive ou culturelle ?
Comment favoriserez vous la parité dans la cité ?

Vous pourrez désomrais employer ce terme à bon escient. Suivez-nous et découvrez #LesMotsDuGenre.

Si vous souhaitez intégrer le langage ouvert dans la pratique professionnelle de votre équipe et éviter les stéréotypes, contactez-nous !

Notre formation au langage ouvert sera bientôt accessible en ligne. Si vous souhaitez en savoir plus c’est ici, et si vous souhaitez recevoir les informations au lancement, c’est juste en dessous.

La mixité, c’est quoi exactement ?

La mixité, c’est quoi exactement ?

La mixité, c’est quoi exactement ?

Mixité et parité : la confusion

J’entends souvent le mot parité employé pour parler de mixité, et mixité pour parler de parité. Comment faire la différence et quel terme est correct pour parler de représentation des femmes et des hommes dans notre société ? Les deux, mais pas pour les mêmes choses. Posons d’abord sur la mixité (notre article sur la parité est ici).

Mixité de genre : concerne la mixité des équipes professionnelles, composées de personnes de différents genres possibles, notamment femme et homme.

Définition

Mixité : caractère mixte d’un groupe, d’une équipe, d’un mariage
Se dit de l’éducation ou de l’enseignement mixte en France dès le 19ème siècle.
En sociologie le concept de mixité sociale évoque la diversité d’origines sociales dans un même groupe d’individus.
Mixité de genre : concerne la mixité des équipes professionnelles, composées de personnes de différents genres possibles, notamment femme et homme.

Mixité ou l’art du mélange

Le mot MIXTE nous vient du latin « misceo » et signifie au choix « mélanger » ou « mettre ensemble des éléments différents ». Il donne d’abord l’adjectif en français dans les débats sur l’éducation des filles du milieu du 20ème siècle.
Il s’agit alors de rendre mixtes les lieux d’enseignements en constituant des classes mélangées d’enfants des genres filles et garçons, réparti.es dans des écoles distinctes jusque là.

On parle uniquement de mixité scolaire (ce qui est déjà mieux que rien) dans le milieu éducatif et le reste de la société reste à l’écart de cette question.

Le nom « Mixité » est mentionné dans le dictionnaire en 1963.

mixité parité

Vers la mixité professionnelle de genre

Après 1945, les françaises ont acquis le droit de vote, vont à l’école, et réclament le droit d’accès aux espaces encore réservés aux hommes. Elles réclament leur place légitime au sein des métiers, représentations démocratiques, et leurs droits à l’autonomie juridique et financière.

Le mouvement féministe des années 70 a dépassé la mixité scolaire et parle alors d’égalité dans la société. Elles doivent affronter le risque de voir les hommes prendre le pouvoir dans leurs associations comme dans tous les espaces sociaux. 20 ans plus tard, les militantes ont posé le cadre et intégrent les hommes qui luttent à leurs côtés. Elles générent la mixité dans leurs collectifs.

Aujourd’hui quand on évoque la mixité, il s’agit la plus souvent de la part de femmes et d’hommes dans un groupe professionnel, dans une équipe, un métier, un secteur d’activités.

En principe, si un homme est présent dans un groupe de femmes, ou si une femme est présente dans un groupe d’homme, on peut qualifier ce groupe de mixte.
Mais en réalité, pour que cette mixité apporte des bénéfices à toutes les personnes qui font partie du groupe, il est nécessaire que la minorité soit présente au minimum à 40 %.

En dessous de ce ratio, il y a une prédominance culturelle du groupe majoritaire qui tend à considérer sa perception du monde comme prévalente.

Une trop faible mixité dans les métiers

Encore aujourd’hui, sur les 87 familles de métiers répertoriées :
– la moitié des femmes sont cantonnées dans seulement 12 familles de métiers
– la moitié des hommes est cantonnée dans 20 familles de métiers
– seules 13% des métiers sont mixtes.

Cela signifie que dans ces groupes professionnels il y a peu de mélange des différentes visions du monde. Qu’ils concoivent et produisent des biens et services sur la base de schémas excluant les autres par méconnaissance. Ces groupes sont souvent composés d’hommes qui conçoivent le numérique, les innovations médicales, les modes de transport, l’occupation de l’espace urbain. Pendant que les femmes prennent soin des autres, à la maison, à l’école, à l’hopital.
Et au rythme de notre société actuelle, il faudrait encore 100 ans pour que l’égalité professionnelle soit réelle entre les femmes et les hommes en France. 100 ans, c’est long. Il est raisonnable d’en déduire que l’évolution de la mixité dans les métiers prendrait autant de temps sans l’engagement des entreprises en faveur de la mixité. Le chemin est parsemé d’embûches et elles en connaissent le bénéfice.

Viser la mixité, c’est viser une société égalitaire qui permet à chaque individu de s’engager dans le métier de son choix.
Avec 87 familles de métiers occupées autant par les femmes que les hommes avec des rémunérations égales à travail égal.
Favoriser la mixité au sein des équipes professionnelles est une action capitale pour toute notre société. Pour construire le monde meilleur dans lequel nous souhaitons vivre.

Vous savez quand utiliser le terme mixité. Suivez-nous et vous découvrirez quand employer le mot parité.

Si vous souhaitez recruter plus de femmes ou d’hommes dans vos équipes non mixtes, nous pouvons former  votre équipe RH recrutement à identifier et éviter les stéréotypes. Contactez-nous !

Notre formation au langage ouvert sera bientôt accessible en ligne. Si vous souhaitez en savoir plus c’est ici, et si vous souhaitez recevoir les informations au lancement, c’est juste en dessous.

Quelle différence entre sexe et genre ?

Quelle différence entre sexe et genre ?

Quelle différence entre sexe et genre ?

Sexe et genre sont deux concepts différents à employer dans des sens bien précis pour construire ensemble une culture commune vers l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
C’est le premier sujet abordé dans toutes nos formations de sensibilisation au stéréotypes de genre, pour poser des bases solides.

Notre objectif ici est de vulgariser ces termes dont l’usage en sciences sociales peuvent être complexes. Et vous pourrez toujours y revenir comme mémo.

Le plus simple est de penser la différence entre sexe et genre comme la différence entre ce qui est physiologique (les corps) d’un côté et ce qui est culturel (les comportements) de l’autre.

Le sexe est biologique

Le sexe est biologique.

Le sexe est l’ensemble des caractéristiques génétiques, physiologiques et biologiques des individus humains mâles et femelles.
Certains ont les attributs génitaux des femelles : les ovaires, l’utérus, le clitoris, les seins pouvant allaiter.
D’autres ont les attributs génitaux des mâles : les testicules, le pénis, la prostate.
C’est la différenciation des ces attributs génitaux mâles et femelle qui définit le sexe d’un individu.
Ces différents éléments biologiques sont parfois combinés au sein d’un même corps, qualifié alors d’intersexe.
Le plus souvent ils ont un fonctionnement global cohérent.
Dans toutes les sociétés humaines, la majeure partie des caractéristiques biologiques sont communes à tous les sexes humains et fonctionnent de manière similaire : le cerveau, le coeur, les poumons, les yeux, les intestins etc.

définition-sexe-naturel

Le genre est culturel

Le genre est culturel

Le genre est un concept qui rassemble l’ensemble des comportements / rôles / activités / attributs considérés comme appropriés pour les individus dans une culture donnée selon leur sexe (physiologique) réel ou supposé.
Le genre est assigné par la société tout entière à chaque individu, souvent avant même sa naissance, par un ensemble continu d’actes et de paroles, de comportements significatifs émanant de son entourage.
La majeure partie des individus vivent leur identité de genre en adéquation le sexe et le genre qui leur ont été assignés à la naissance ; on dit qu’ils sont « cisgenre ».
D’autres individus vivent une identité de genre différente du sexe et du genre qui leur ont été assignés ; on dit qu’ils sont « transgenre ».

définition-genre-culturel

Les stéréotypes de genre

Comme les comportements / rôles / activités / attributs dans une même culture ont des valeurs différentes, ils valorisent différemment les individus selon le genre qui leur est assigné.

Le genre est le système de normes hiérarchisées et hiérarchisantes entre les individus mâles et femelles, entre ce qui est dit « féminin » et ce qui est dit « masculin ».
Ces normes sont différentes, construites en opposition, et valables dans une culture donnée, une époque donnée.

Elles s’activent par le biais des stéréotypes de genre à tous les niveaux de la société.

Ce système genré hiérarchisé produit des inégalités entre les femmes et les hommes comme par exemple :
– les femmes ont partout dans le monde en charge des tâches domestiques au sein du foyer
– les femmes sont moins rémunérées que les hommes pour un travail égal ou similaire
– les hommes sont en charge des travaux considérés comme lourds et difficiles
– les hommes rencontrent des difficultés à assumer leur parentalité au travail

Comprendre la différence entre sexe et genre est un premier pas pour lutter contre les discriminations et favoriser l’égalité entre les femmes, les hommes, et de manière générale tous les individus dans notre société.

Si vous souhaitez vous former sur les stéréotypes de genre au sein de votre entreprise ou en lignecontactez-nous !

Notre formation au langage ouvert est accessible en ligne.
Si vous souhaitez en savoir plus ou vous inscrire, cliquez juste en-dessous !

?php if ( function_exists( 'gtm4wp_the_gtm_tag' ) ) { gtm4wp_the_gtm_tag(); } ?