Quand les experts s[er]ont des expertes

Quand les experts s[er]ont des expertes

Quand les experts s[er]ont des expertes

Sur le plan linguistique, c’est évident : un expert = une experte.

Aucun doute sur le féminin de ce mot. Pourtant, il est très rarement employé au féminin. Tiens.

Vous avez un dossier épineux ? Avez-vous consulté les experts ? Avez-vous même imaginé que le plus compétent soit une femme ? Identifiez-vous une experte dans votre environnement ? Probablement, pourtant il y a peu de chances que vous l’ayez vue s’exprimer en public comme la plupart des experts que vous connaissez, donc peu de chances pour que vous ayez pensé à la solliciter.
Et pour cause.

entraineuse

Les expertes oubliées des médias

Selon le rapport 2015 du Gender Media Monitorig Project, les femmes invitées dans les médias à s’exprimer sur leur sujet d’expertise sont seulement 19 %, et ce quel que soit le media (TV, papier, radio, internet, twitter). Ce qui signifie que 8 fois sur 10, vous recevez le point de vue d’un homme – sûrement très intéressant – sur un sujet précis. Politique, économie, sciences, écologie, géopolitique, histoire, linguisitique… quel que soit le sujet abordé, dans 81 % du temps, la vision exposée est celle d’un homme.

Attention : il est uniquement question ici d’interroger l’intérêt ou l’absence d’intérêt porté par la société à l’expertise de la moitié de la population, en l’occurence celle des femmes. Il s’agit de comprendre comment les sociétés de médias qui jonglent entre le contenu (qualitatif) et l’audience (quantitatif) maintiennent les stéréotypes de genre en place.

Dégenrer les expertises

En confiant les sujets dits « féminins » aux femmes (beauté – santé – social) et ceux dits « masculins » aux hommes (les plus importants en volume : politique, juridique, société), les directions de rédactions (occupées dans l’ensemble par des hommes) réduisent la parole des femmes journalistes à la portion congrue. Seulement 31 % des reportages politiques et 39 % des nouvelles économiques sont rapportés par des femmes. 
D’autant plus que la sélection des sources par les journalistes est genrée : un jounaliste choisira plutôt des hommes très affirmés et reconnus publiquement, quand une journaliste choisira plutôt des femmes ou des personnalités plus pondérées et peu célèbres, plus en adéquation avec leur sujet.

Et le tout est en corélation avec les stéréotypes de genre discriminant les lectrices des lecteurs avec des journaux pour les femmes et d’autres pour les hommes. Un présupposé essentialiste : les unes s’intéressent uniquement à la beauté, la mode et la maison, quand les autres s’intéressent à la politique, à l’économie et aux affaires. Un monde binaire et excluant pour les femmes qui visent l’économie, l’écologie, et excluant les hommes qui s’informent volontiers sur les enfants et la déco.

Présenter une autre vision du monde

L’une des conséquences de l’absence de femmes expertes sur les plateaux média ou événementiels, est l’absence de rôles modèles auquels les femmes pourraient s’identifier. Si elles ne voient qu’exceptionnellement des expertes prendre la parole, elles ont du mal à s’identifier elles-mêmes en tant qu’expertes potentiellement amenées à s’exprimer en public.
Un cercle vicieux que certaines associations et organisations tentent d’inverser avec des actions de visibilisations des expertes, comme expertes.fr, Vox Femina et notamment le très inspirant magazine Femmes Ici & Ailleurs qui nous présente les femmes agissantes et expertes du monde entier.

Et vous, lors de votre prochain article, événement, intervention publique, ou audit, quelle experte allez-vous vous solliciter ?
Si vous cherchez un peu d’aide sur ce point, contactez-nous !

Notre formation au langage ouvert sera bientôt accessible en ligne. Si vous souhaitez en savoir plus c’est ici, et si vous souhaitez recevoir les informations au lancement, c’est juste en dessous.

Y’a-t’il des maires – mairesses en France ?

Y’a-t’il des maires – mairesses en France ?

Y’a-t’il des maires – mairesses en France ?

Mise à jour 18/06/20

La première mention écrite du terme mairesse pour qualifier une « femme exerçant les fonctions de maire » (sic!) date de 1975. Autrement dit hier. Aujourd’hui les deux termes sont employés dans le langage courant, une femme est maire ou mairesse.

Par sa terminaison en -esse, le mot « mairesse » est plus marqué du féminin, plus sonore.
Le mot « maire » est devenu progressivement épicène, employable au féminin comme au masculin. Ce qui, hors contexte, cache aussi bien à l’écrit qu’à l’oral que l’on parle d’une femme.

Si l’on connaît à peu près le nom des grandes femmes politiques devenues ministres depuis 1974, connaissons-nous les femmes maires ou mairesses de nos communes françaises ?
La loi sur la parité, imposant l’alternance homme-femme dans les listes électorales municipales, a fait bouger un peu les lignes depuis 2008. Un peu.

Mais les femmes parviennent-elles vraiment au plus haut niveau de représentation politique ? Deviennent-elles maires ou mairesses partout en France ?

entraineuse

Des maires – mairesses, pas partout

Sur le plan des communes et des métropoles (ex communautés de communes), la présence des femmes est réelle.
Mais pas à tous les niveaux de responsabilités.

En 2019 l’INSEE dénombre 39,9 % de conseillères municipales tous niveaux de fonction et toutes tailles de communes confondues* (NDLR : * accord de proximité).

Dans les communes de +1000 personnes habitantes, on compte 46,8 % de conseillères municipales, 48,2 % d’adjointes et seulement 14,4 % de femmes maires – mairesses.
En dessous de 1000 personnes résidentes, elles sont 34,5 % de conseillères, 36,1 % d’adjointes et 17,8 % de femmes maires – mairesses.
Lorsqu’elles sont maires – mairesses, le conseil municipal est constitué à 44 % de femmes.
Lorsqu’un homme est maire, les femmes sont 39 % au conseil municipal. Et dans les petites communes, avec un nombre de personnes élues très réduit, l’écart se creuse encore.

Selon le Haut Conseil à l’Egalité (HCE – 18/6/2020) « les résultats des élections de mars 2020 ne témoignent que d’une faible avancée : 19,2% de femmes parmi les maires, toutes communes confondues (18,5% dans les communes de plus de 1000 personnes habitantes et 19,5% dans les communes de moins de 1000 personnes habitantes).
Plus la commune est petite et plus la représentation des femmes est élevée. 
A noter que, pour le second tour le 28 juin 2020, qui concernera environ 4800 communes, les femmes représentent 47% des candidat.es et un peu plus de 24% des têtes de liste dans les communes de plus de 1000 personnes habitantes, soit 5 points de plus qu’en 2014 où elles n’étaient que 18,8%.

Plus la commune est importante, plus c’est un homme qui la dirige. Les mairesses ne sont que 12% dans les villes de plus de 30 000 personnes habitantes, là où les enjeux de pouvoir et de conciliation des temps ont des effets d’éviction plus forts sur les candidates.
Les mairesses sont donc largement minoritaires, tant en nombre qu’en poids politique dans l’Assemblée des Maires (sic!) de France.

Les chiffres des conseils des communautés de communes, actuelles métropoles, sont du même ordre.
Plus le conseil communautaire est grand, plus il y a de femmes parmi ses membres.
Plus on s’approche de la présidence, moins il y a de femmes.
Elles sont 31,4 % de conseillères dans l’ensemble des intercommunalités françaises, 20 % de vices-présidentes et seulement 8 % de présidentes.
Et elles sont majoritairement plus jeunes que leurs homologues masculins.

La loi salique a exclu les femmes

Jusqu’au moyen-âge les femmes ont une place dans la sphère politique des royaumes et fiefs. Elles peuvent hériter, gérer leurs biens et défendre leurs droits auprès des tribunaux. Mahaut d’Artois, Alienor d’Aquitaine, Jeanne de Bretagne sont des femmes régnant librement sur leur terres.

En 1314, Jeanne II, fille de Louis X, a toute légitimité pour lui succéder. Mais Philippe V, alors régent du royaume Franc et de Navarre, se fait sacrer Roi à sa place. Il crée ainsi la loi dite salique qui exclue les femmes de la couronne de France et délégitimise leur participation politique. Cette loi s’est installée durablement laissant les femmes royales dans l’ombre des hommes, devenues monnaie conjuguale pour les alliances politiques inter-royaumes. Cette règle se diffuse à l’ensemble de la société dans ses différentes évolutions politiques et même la révolution française décapite les femmes libres penseuses qui osent s’exprimer comme Olympe de Gouges.

Le langage ouvert manifeste une autre vision du monde

Pas étonnant alors qu’entre 1317 et 2011 se soit installée l’idée que les femmes ne font pas de politique. Une mairesse est l’épouse du maire. Une présidente est l’épouse du Président. Elle est simple Femme de…

Depuis le XXème siècle, les femmes et les hommes féministes tentent de rééquilibrer la présence des femmes en politique. A nous aujourd’hui de les nommer pour qu’elles prennent leur place légitime, pour qu’elles inspirent les jeunes générations qui consédèreront à leur tour que la parité en politique est un principe absolu.

Pour repenser la représentation des femmes et des hommes dans notre société via le langage ouvert, contactez-nous !

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Et si votre assureur était une assureuse ?

Et si votre assureur était une assureuse ?

Et si votre assureur était une assureuse ?

Assureur / assureuse, agent ou agente d’assurance, courtier ou courtière, conseiller financier ou conseillère financière ?

Le vocabulaire encore très masculin est en décalage avec l’évolution du secteur qui compte 60% de femmes dans les entreprises d’assurance.

Certaines entreprises du secteur ont déjà un engagement actif en faveur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes en interne. Mais la répartition par genre dans les métiers du secteur reste encore très marquée par les stéréotypes. Le rapport 2018 de la Fédération Française des Assurances indique que la Communication est portée par une équipe constituée à 76% de femmes et l’informatique à 73%. Côté pilotage et gouvernance, les femmes sont 37% seulement, chiffre qui s’explique par le fait qu’elles ne sont que 30% parmi les cadres de direction. Et quand il s’agit de la gestion des actifs & patrimoine et matrimoine immobilier, le secteur compte seulement 44% d’agentes.
Pour ces marques employeuses égalitaristes recruter des femmes en tant qu’agentes d’assurance ou conseillères financières est donc plus complexe qu’il n’y paraît.

entraineuse

L’assureuse vs le cliché des femmes et l’argent

Si les équipes RH visent les femmes, elles luttent contre le stéréotype de l’homme assureur/financier très prégnant dans notre culture qui roule à l’équation facile : Argent + négociation + commercial = homme.
De leur côté, les femmes tentent de répondre aux injonctions sociétales qui les orientent vers les métiers dits féminins qui tournent tous autour du soin aux autres, de l’écoute, de l’empathie, bien loin de l’ambition commerciale et de l’argent. Ce qui se vérifie aussi côté clientèle puisque les clientes ont des aspirations différentes de celles des clients de la finance.

Dégenrer la représentation métier

Comment convaincre les femmes qu’elles ont tout intérêt à se lancer dans ce métier à contre-courant ?

  1. En réouvrant une vision du métier vers les valeurs fondamentales du métier : être à l’écoute, avoir de l’ambition, favoriser l’autonomie financière des personnes (indépendantes ou salariées), et mettre en avant leurs réussites. En pensant sans genrer, vous rédigerez des offres plus attractives pour tout le monde, parce que les hommes ne sont pas forcément des stéréotypes non plus.
  2. En allant les chercher dans les réseaux où vous n’êtes pas, dans les sphères où elles évoluent.
  3. En féminisant le vocabulaire employé pour présenter le personnel et les offres d’emploi (la mention H/F dans le titre d’une offre d’emploi n’ayant jamais eu d’impact positif sur la mixité des candidatures reçues).

Le langage ouvert manifeste une autre vision du monde

Lorsque les femmes se sentiront plus en adéquation immédiate avec ces métiers tout aussi porteurs d’avenir que ceux du numérique, elles pourront s’y investir librement.

Vous voulez augmenter la mixité dans votre équipe et recevez zéro candidature de femme à votre offre d’emploi ?

Pour repenser la représentation du métier sans cliché et/ou vous former au langage ouvert qui réintègre le féminin à sa juste place, contactez-nous !

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Employeuse ou employeur ?

Employeuse ou employeur ?

Employeuse ou employeur ?

J’entends souvent parler les personnes de leur « employeur » et en RH de « marque employeur ». Ce masculin pensé comme une norme nous masque l’existence même d’une employeuse. Est-ce qu’on parle de l’entreprise ? d’une personne ?

entraineuse

Employeuse, dans la sphère privée

Des mots similaires peuvent avoir des significations différentes, plus ou moins valorisantes selon le contexte dans lequel ils sont utilisés. C’est l’un des impacts de la valeur différentielle des genres.
Employeur : homme qui emploie du personnel dans une entreprise ; par métonymie entreprise tout entière qui emploie du personnel ; synonymes : patron, boss, directeur.
Employeuse : femme qui emploie du personnel au sein du foyer. Synonymes : Madame, patronne, directrice, boss.
L’employeur a une fonction dans un cadre professionnel ; l’employeuse exerce toujours au sein du foyer. Et mêmes les femmes dirigeantes d’entreprise aujourd’hui se pensent et sont pensées comme « employeur » plutôt qu’employeuse.

Stigmates d’un monde patriarcal

Le terme employeur a longtemps été pensé comme signifiant l’homme à la tête de l’entreprise, le « patron », celui qui choisit les personnes à embaucher. Cette vision est celle de la structure pyramidale et patriarcale de l’entreprise conçue au 19ème à l’ère de l’industrialisation massive. Les « patrons » contrôlaient tout dans l’entreprise ; ils étaient propriétaires, détenteurs du pouvoir et autoritaires.
Parfois mus par une volonté de bien faire, quelques uns ont créé un environnement social favorable à la qualité de vie au travail de « leurs » employé·es : construction de villages d’habitations mises à disposition du personnel, écoles pour les enfants, dispensaire pour préserver leur bonne santé, centre de vacances, fêtes annuelles.
Tant qu’elle était employée, une personne bénéficiait de cet environnement ; quitter cet emploi, c’était tout perdre. Elle « devait » tout au « patron ». L’employeur régnait seul sur « son royaume ».

Considérées mineures et mises sous tutelle par le code Napoléon, les femmes n’avaient pas accès à l’autonomie financière et professionnelle. Donc pas de « patronnes » qui ont su faire leur place. Seules quelques veuves, libérées de la tutelle de leur père, époux ou frère, sont devenues employeuses officielles, comme par exemple la veuve Clicquot.
Dès la signature du contrat de mariage, le rôle d’épouse consistait d’une part à « produire » des enfants pour le foyer, et d’autre part à gérer la partie opérationnelle de la vie de la maison. Selon le niveau de vie sociale, elle était parfois amenée à embaucher le personnel de maison, puis diriger les opérations de cuisine, ménage, service, soin et éducation des enfants. Elle n’était pas qualifiée d’employeuse pour autant.

Nos mots bâtissent notre monde au 21ème siècle

Aujourd’hui l’idée semble communément partagée que ce sont les entreprises qui embauchent, pas les individus, propriétaires ou non. Les personnes en charge du recrutement et des ressources humaines agissent pour le compte de l’entreprise comme système autonome et promeuvent la marque employeur employeuse. Pourtant la figure du « patron employeur » continue d’exister dans notre vocabulaire quotidien, reflet de notre vision du monde. En 2019, un grand média spécialisé business nous montrait encore les « patrons qui font la différence » en oubliant les patronnes. Et dans les faits ces représentations genrées contribuent à maintenir à 10 % la part de femmes aux hauts niveaux de direction des entreprises.

En effaçant ces stigmates de notre langage, nous participons à repenser notre société et la montrer telle que nous décidons de la construire : ce sont les entreprises qui emploient des personnes, elles sont donc les vraies employeuses. L’employeur est dépassé, vive la marque employeuse.

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Handballeuse, un beau palmarès

Handballeuse, un beau palmarès

Handballeuse, un beau palmarès

En France, le handball est un sport pratiqué par près de 500 000 personnes, dont 33,4 % de femmes. Un handballeur sur 3 est donc une handballeuse.

Depuis les premières licenciées à la fédération française de handball en 1950, elles sont de plus en plus nombreuses. Si elles représentent le tiers des personnes licenciées depuis le milieu des années 70, nous sommes aujourd’hui encore loin du 50-50 et les chiffres progressent lentement. Trop lentement.

entraineuse

Handballeuse : un beau palmarès

L’équipe de France de handballeuses a un beau palmarès : Championnes du monde en 2003 et en 2017, finaliste aux JO en 2016, championnes d’Europe en 2018 et elles préparent les JO 2020. Pourtant les joueuses sont inconnues du grand public, invisibles.

Comme pour tous les sports, le développement de la pratique par les femmes nécessitent de faire connaître les équipes, les joueuses, les entraîneuses. C’est leur notoriété qui permettra à ces équipes d’avoir les partenaires financiers indispensables à de bonnes conditions d’entraînement, préparer les compétitions et remporter la victoire.

Les équipes de France féminines gagnent et sont encore dans l’ombre. Qui penserait à proposer à une petite fille d’essayer le handball, le foot, le rugby, l’escrime, le judo, la boxe ou le basket plutôt que la danse, la gym ou l’équitation ?

Nos mots bâtissent notre monde

Si le mot handballeuse nous frotte encore un peu à l’oreille, ce n’est pas pour des raisons de prononciation (comme pour autrice ou traiteuse par exemple), mais seulement par manque d’usage. Le langage ouvert peut nous aider à dire le monde comme nous souhaitons le voir devenir.

Plus nous utiliserons ce mot pour nommer les 180 000 femmes dans le handball, plus nous ferons de la place pour les filles/femmes qui souhaitent le pratiquer.
Plus elles seront nombreuses, plus nous utiliserons avec aisance le mot dans notre langage courant. Nous pourrons alors soutenir et encourager cette Equipe de Handball France Féminine pour les jeux olympiques de l’été 2020.
Et le monde change.

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Marketer ou marketeur, marketeuse ?

Marketer ou marketeur, marketeuse ?

Marketer ou marketeur, marketeuse ?

Quand vous entendez parler de marketing, il est parfois fait mention des personnes qui y travaillent.
Quel mot est utilisé pour les nommer ? Marketer ? Marketeur ? Ou êtes-vous dans un univers ouvert ou marketeuse est souvent employé ?

Parce que des marketeuses, j’en connais beaucoup, mais elles se présentent rarement sous ce nom.
Et c’est un frein à la valorisation des femmes. Voilà pourquoi.

entraineuse

La francisation de mots anglais

Comme pour tout mot emprunté à l’anglais, il est possible de penser en anglais et conserver « marketer » pour un homme ou une femme.
Beaucoup d’autres mots anglais ont été incorporés dans notre langage et francisés progressivement, comme « basketer » que tout le monde pense en français avec « basketteur ». Le doublement du « t » permet le son « ette » et la finale anglophone « er » se décline en « eur » et « euse ». Le genre grammatical rend les informations cohérentes pour nos cerveaux francophones et nous avons donc dans notre langage courant basketteur pour un homme et basketteuse pour une femme.
Ce processus d’adaptation à la langue locale est courant en français et identique dans beaucoup d’autres.

La résistance comme faire valoir

Pourtant les mots marketer et manager résistent encore à ce phénomène de francisation ?
Le concept de « marketing », comme celui de « management » ou « business », est né aux Etats-Unis d’Amérique du Nord et a été importé tel quel. Leurs sonorités américaines étaient des preuves de « branchitude » dans ce secteur très concurrentiel des agences de pubs et sphères managériales, où chaque individu gagne et perd sa place à la vitesse de l’éclair.
En français on aurait pu parler de marchétisation ou de mercatique, et de ménagement. Beaucoup moins « hipe ».

Et il s’avère que le marketing est un univers truffé d’anglicisme de toutes sortes : on y parle aisément de « market, reach, SEO, SEA, community management, target, ads, adwords, hashtags consumer, user, growth hacking, scoring, ROI, profil, post »… jusqu’à ce fameux marketing digital, anglicisme parfait dans la mesure ou digital est aussi un mot français signifiant « avec le doigt » et qui devrait être traduit par « numérique ». [On pourrait parler de marchétisation numérique, non ?] Ces anglicismes servent à montrer que l’on sait, que l’on a la compétence sur le marché du travail.
Pour être au top, il faut être « marketer » et le montrer.

Un secteur très féminisé…

70 % des personnes travaillant dans le marketing sont des femmes.
Votre marketeur est probablement une marketeuse 7 fois sur 10.
Mais si le marketing est un métier principalement occupé par les femmes, il n’échappe pas à la règle quand il s’agit des rôles de direction où elles ne sont plus que 40 %.

… et sexiste envers les marketeuses

Laissons de côté l’histoire du métier, qui dès 1950 (pour de multiples raisons) accorde aux hommes le rôle de penser les publicités adressées à « la ménagère de moins de 50 ans » qui a été leur cible quasi exclusive pendant plus de 50 ans. Les hommes sont patrons ou créatifs, les femmes sont assistantes secrétaires ou clientes finales. Cette répartition des rôles genrés a laissé de belles traces dans notre inconscient collectif (mais ce n’est pas l’objet de cet article).
En 2019, les révélations au grand jour d’agissements sexistes de la ligue du LOL ont permis de faire apparaître auprès du grand public un univers de la pub souvent sexiste. Les chiffres montrent que l’évolution des femmes dans cette sphère professionnelle est conditionnée au plafond de verre, donc au bon vouloir d’hommes contrôlant le pouvoir et fonctionnant encore trop souvent en « boysclub » (!).

Inutile de se cacher derrière son petit doigt : esprit de compétition, domination masculine, patriarcat… tous les ingrédients sont là pour que les femmes restent bien sages en bas de la pyramide. Et quand elles grimpent l’échelle, elles rechignent souvent à assumer le terme de directrice marketing qui pourrait les transformer en Schroumpfette au sein du CODIR.

Les mots sont les frontières de notre monde

Utiliser le terme « marketeuse » pour nommer celles qui exercent ce métier revient à les montrer sous l’angle de leurs compétences, c’est faire sa part pour valoriser les femmes dans leur sphère professionnelle et auprès du grand public.

En faisant ce choix consciemment, vous participer à favoriser leur évolution, l’égalité entre les femmes et les hommes dans ce secteur professionnel très marqué.

Pour vous développer la mixité par le langage ouvert et changer le monde numérique, contactez-nous !

 

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