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Le Syndrome de l’impostrice

Le complexe de (celui qu’on appelle) l’imposteur touche essentiellement des femmes.
Des impostrices.

On parle aussi d’usurpateur. Ou plutôt des usurpatrices. 
Vous n’avez probablement jamais entendu ou lu ces mots.

L’imposteur est une femme.

Pourtant chaque jour, j’entends une femme me raconter qu’elle doute d’elle, qu’elle a été contactée pour intervenir en tant que conférencière par l’équipe d’un événement, et qu’elle a répondu gentiment qu’elle n’avait rien à dire d’intéressant, qu' »ils »(qui ?) « trouveraient quelqu’un de plus expert qu’elle ». Et pour avoir discuté avec plusieurs équipes événementielles, aucun homme ne répond « je ne suis pas compétent ». Il dit oui et il y va. Tout simplement. Il se sent légitime puisque tout autour de lui lui parle de lui : un expert, un conférencier, un consultant… Il a appris à se reconnaître dans ces rôles depuis l’enfance.

Un masculin qui confirme l’imposture

Cette habitude du masculin dit « neutre » inscrite de longue date dans notre langage fait que l’on parle d’un individu lambda comme d’un homme. Comme un programme par défaut, qui rend toute autre configuration surprenante. Une femme doit traduire ce masculin au féminin pour parvenir à se projeter « dans le rôle de ». Endosser le costume d’un autre auquel elle ne ressemble pas. Faire comme si elle était lui, ce personnage qui est partout vainqueur, qui s’engage, qui réussit. C’est une ursurpation d’identité normalisée qui atteint profondément son sentiment de légitimité depuis sa naissance, en dehors de la sphère privée qui lui est « réservée ». Parfois elle y parvient. Parfois moins.

Le féminin légitimise

Les femmes ont le droit de trouver des rôles modèles pour s’identifier à leur part légitime d’experte, de consultante, de conférencière, de professionnelle. Elles ont aussi droit d’être nommées dans leur genre : directrice, avocate, pompière, sauveteuse, apicultrice, chercheuse, ingénieure, mécanicienne…. Il faut surtout aller chercher ces auto-estampillées impostrices ou usurpatrices et les amener progressivement vers la lumière jusqu’à ce que cela soit une habitude.

Les mots rendent visible

Si nous voulons rendre leur confiance professionnelle aux femmes, rendons leur aussi leurs mots et leur visibilité. Nous nous habituerons à ces mots féminins à l’usage. A minima, nous pouvons toujours employer l’expression englobante de syndrome de l’imposture.

Si vous souhaitez vous former au langage ouvert qui réintègre le féminin à sa juste place, contactez-nous !