Y’a-t’il des maires – mairesses en France ?

La première mention écrite du terme mairesse pour qualifier une « femme exerçant les fonctions de maire » (sic!) date de 1975. Autrement dit hier. Aujourd’hui les deux termes sont employés dans le langage courant, une femme est maire ou mairesse.

Par sa terminaison en -esse, le mot « mairesse » est plus marqué du féminin, plus sonore.
Le mot « maire » est devenu progressivement épicène, employable au féminin comme au masculin. Ce qui, hors contexte, cache aussi bien à l’écrit qu’à l’oral que l’on parle d’une femme.

Si l’on connaît à peu près le nom des grandes femmes politiques devenues ministres depuis 1974, connaissons-nous les femmes maires ou mairesses de nos communes françaises ?
La loi sur la parité, imposant l’alternance homme-femme dans les listes électorales municipales, a fait bouger un peu les lignes depuis 2008. Un peu.

Mais les femmes parviennent-elles vraiment au plus haut niveau de représentation politique ? Deviennent-elles maires ou mairesses partout en France ?

entraineuse

Des maires – mairesses, pas partout

Sur le plan des communes et des métropoles (ex communautés de communes), la présence des femmes est réelle.
Mais pas à tous les niveaux de responsabilités.

En 2019 l’INSEE dénombre 39,9 % de conseillères municipales tous niveaux de fonction et toutes tailles de communes confondues* (NDLR : * accord de proximité).

Dans les communes de +1000 personnes habitantes, on compte 46,8 % de conseillères municipales, 48,2 % d’adjointes et seulement 14,4 % de femmes maires – mairesses.
En dessous de 1000 personnes résidentes, elles sont 34,5 % de conseillères, 36,1 % d’adjointes et 17,8 % de femmes maires – mairesses.
Lorsqu’elles sont maires – mairesses, le conseil municipal est constitué à 44 % de femmes.
Lorsqu’un homme est maire, les femmes sont 39 %. Et dans les petites communes, avec un nombre de personnes élues très réduit, l’écart se creuse encore.

Plus la commune est importante, plus c’est un homme qui la dirige.
Les mairesses sont donc largement minoritaires, tant en nombre qu’en poids politique dans l’Assemblée des Maires (sic!) de France.

Les chiffres des conseils des communautés de communes, actuelles métropoles, sont du même ordre.
Plus le conseil communautaire est grand, plus il y a de femmes parmi ses membres.
Plus on s’approche de la présidence, moins il y a de femmes.
Elles sont 31,4 % de conseillères dans l’ensemble des intercommunalités françaises, 20 % de vices-présidentes et seulement 8 % de présidentes.
Et elles sont majoritairement plus jeunes que leurs homologues masculins.

La loi salique a exclu les femmes

Jusqu’au moyen-âge les femmes ont une place dans la sphère politique des royaumes et fiefs. Elles peuvent hériter, gérer leurs biens et défendre leurs droits auprès des tribunaux. Mahaut d’Artois, Alienor d’Aquitaine, Jeanne de Bretagne sont des femmes régnant librement sur leur terres.

En 1314, Jeanne II, fille de Louis X, a toute légitimité pour lui succéder. Mais Philippe V, alors régent du royaume Franc et de Navarre, se fait sacrer Roi à sa place. Il crée ainsi la loi dite salique qui exclue les femmes de la couronne de France et délégitimise leur participation politique. Cette loi s’est installée durablement laissant les femmes royales dans l’ombre des hommes, devenues monnaie conjuguale pour les alliances politiques inter-royaumes. Cette règle se diffuse à l’ensemble de la société dans ses différentes évolutions politiques et même la révolution française décapite les femmes libres penseuses qui osent s’exprimer comme Olympe de Gouges.

Le langage ouvert manifeste une autre vision du monde

Pas étonnant alors qu’entre 1317 et 2011 se soit installée l’idée que les femmes ne font pas de politique. Une mairesse est l’épouse du maire. Une présidente est l’épouse du Président. Elle est simple Femme de…

Depuis le XXème siècle, les femmes et les hommes féministes tentent de rééquilibrer la présence des femmes en politique. A nous aujourd’hui de les nommer pour qu’elles prennent leur place légitime, pour qu’elles inspirent les jeunes générations qui consédèreront à leur tour que la parité en politique est un principe absolu.

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